LES ARTS EN ITALIE
Giotto, si recherché déjà et si fécond à la fin du treizième. Les Van Eyck appartiennent au quatorzième, et, malgré leur talent incontestable, ne jouent point un rôle comparable à celui du pâtre de Vespignano ' . La peinture monumentale appelait déjà Giotto à Arezzo, à Assise, à Florence, à Rome, à Faënza et dans un grand tfombre d’autres villes d’Italie, avant que Jean de Bruges essayât, dans des proportions restreintes, la consciencieuse timidité de son pinceau. Les monuments de Rome, les innombrables débris de la statuaire et de l’architecture antique, répandus sur le sol classique du Latium et de la grande Grèce, donnaient à cette contrée une physionomie particulière, favorable à la renaissance des arts. Cette impulsion, d’accord avec les dispositions du génie italien, une fois donnée, ne s’arrêta point. Les grands artistes qui se succédèrent, tels que Raphaël, le Squarcion, les Carraches, etc., augmentèrent ces richesses de leurs chefs-d’œuvre, plusieurs même de leurs acquisitions. Les souverains pontifes, les princes, les seigneurs, les villes rivalisèrent de zèle, et au commencement du seizième siècle, l'Italie brillait sur tous les points de la gloire de la peinture, de l’architecture et de la statuaire. Deux siècles avaient transformé cette contrée en un vaste musée, où l’histoire des arts était écrite sur u» •>"’,!<>>do dp
de Florence; son père euil laoouieui.
chefs-d’œuvre, où la variété des écoles témoignait de la fécondité du génie italien, où le zèle de l’artiste trouvait à chaque pas, au milieu des mille accidents d’un beau ciel, d’une riche nature et d’un sol historique, des modèles propres à développer son talent dans tous les genres, des souvenirs capables d’élever son esprit à toutes les grandes pensées.
La France ne possédait point encore les richesses que ses rois ont accumulées depuis. Telles qu’elles sont, elles ne sauraient être comparées à l’aspect que présente l’Italie tout entière, telles qu’elles étaient alors, la comparaison n’eût pas même été essayée.
Ce fut donc une heureuse idée, lorsqu’on mit à exécution la pensée de Louis XIII, que d’en transporter la réalisation à Rome, et de représenter la France' dans cette capitale du monde, par la culture des arts, la plus capable entre toutes les études, de la recommander aux sympathies de la nation italienne. Ce fut, comme nous l’avons dit, à l’influence de Lebrun qu’on dut l’institution qui nous a donné droit de cité dans la cité des Césars et des pontifes.
Mais celte conduite était indiquée, dictée pour ainsi dire par les faits antérieurs, et par le mouvement qui entraînait individuellement les artistes français.
Déjà Marti n Fréminet y étai t resté sept ans, et avai t puisé, dans l’étude attentive des tableaux de Michel- Ange, le style dont il peignit la chapelle de Fontainebleau, et exécuta quelques autres composi-