LE BAPTÊME
la cérémonie de l’Église. Si ce choix n’est pas d’une grande exactitude théologique, il témoigne au moins d’une juste appréciation des conditions favorables à l’art. Les détails dans lesquels nous allons entrer, en comparant l’un à l’autre les tableaux analogues des deux collections, développeront les points qui n’ont pu être que rapidement touchés plus haut, et suppléeront à ceux qui auraient été omis’.
Le Baptême. — Nous commençons par celui de la seconde suite. Ce tableau est d’une fort belle composition. Le Jourdain traverse le site dans toute sa largeur; la rive opposée se relève en âpres rochers, à gauche surmontés par des arbres, à droite portant des édifices qui annoncent une ville. Vers le milieu, une fontaine verse son eau dans un bassin, duquel elle coule ensuite dans le fleuve.
Le centre du tableau est occupé par J.-C. et par saint Jean. J.-C. est à droite, un genou en terre et la tète inclinée, il reçoit avec foi et avec soumission l’eau que verse Jean, debout devant lui dans une attitude simple et comme d’obéissance. Derrière celui-ci un groupe formé de trois jeunes gens
• En lisant ce qui va suivre, il serait lion que le lecteur plaçât sous ses yeux les gravures des deux suites des Sept Sacrements. Bellori a donné des sept compositions de la collection del Pono une description tidèle. Le lecteur nous excusera, sans doute, d avoir fait connaître ces deux grandes œuvres avec plus de développement. D’une part, elles sont dans leur ensemble l’œuvre capitale du Poussin , de l'autre elles fournissent des éléments frappants à l’élude pleine ü intérêt des progrès de son génie; la seconde en marque la maluritr.
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et un vieillard précise l’objet de la scène : ils sont tous presque nus et attendent leur tour, leurs poses sont diverses et bien combinées. Trois de ces personnages ont les yeux fixés exclusivement sur J.-C., le quatrième, l’un des jeunes, sur le plan le plus reculé du groupe, lève la tète et reste comme frappé d’étonnement à la vue d’un miracle qui s’opère dans le ciel : on voit en effet la colombe symbolique à la hauteur de la montagne du fond. Celui des jeunes gens qui est à genoux derrière les autres relie le groupe dont il fait partie à un groupe un peu plus éloigné. Ce dernier est composé de trois femmes et de deux enfants, l’un au maillot, l’autre qui saisit la robe de sa mère, et dont la tète, le bras, l’ensemble ne manquent point de grâce. La mère figure daus le groupe de toute sa taille, bien posée et bien drapée ; une autre femme derrière elle n’est vue que jusqu’à la ceinture; de la troisième, près de l’enfant au maillot, on n’aperçoit que la tète : ces figures nous ont paru respirer le souvenir de Raphaël. L’extrémité du tableau de ce côté est occupée par un groupe de trois jeunes gens à la chevelure ondoyante et bouclée; ils sont rapprochés, les bras mutuellement placés sur les épaules, ils se montrent avec étonnement la colombe, et semblent chercher le sens des paroles divines que, sans doute, ils viennent d’entendre celui d’entre
1 Au meme instant une voix se lit entendre du ciel qui disait : « Celui-ci est mon Sis bien-airaé, daus lequel j'ai mis toute mon aQection ( l laüh. cli. m, v, 17.) »