‹ Le PoussinChapitre 40 sur 155 · LE BAPTÊME. U · texte numérisé non relu

LE BAPTÊME. U

eux qui est sur le premier plan, est d’un beau galbe, drapé avec ampleur et avec goût. L’extrémité opposée de la composition est occupée par un groupe de quatre hommes encore nus, qui remettent leurs vêtements, après avoir reçu le baptême. Trois d'entre eux tournent les yeux vers l’apparition miraculeuse: l’un, comme pour en affaiblir l’éclat, porte la main devant ses yeux; un vieillard encore vert qui remet son bas, assis sur un tertre au premier plan, est d’un grand style et d’un beau dessin.

Entre le Jésus-Christ agenouillé et ce groupe, un peu en arrière, trois hommes que leur vêtement peut faire prendre pour des philosophes, des pharisiens ou d’autres sectaires, s’entretiennent de ce qui se passe sous leurs yeux. L’un d’eux semble réfléchir profondément, et ses yeux, légèrement élevés vers le ciel, expriment l’incertitude et l’hésitation. Des deux autres, l’un signale à son compagnon cet acte, qui lui parait singulier, et autour duquel s’empresse le peuple.

L’unité de cette composition mérite d’ètre admirée; les groupes sont bien ordonnés et très-heureusement liés les uns aux autres, les expressions y sont nobles, mais simples et naturelles.

Au premier coup d’œil jeté sur le même sujet, tel qu’il est traité dans la première collection, on s’aperçoit que la grandeur du style n’est pas la même. Au lieu de cette suite dégroupés, chacun si bien conçu, si bien liés les uns aux autres, un seul se présente, autour duquel sont disposées quel-

ques figures n’ayant que peu de rapport entre elles, et dans des attitudes moins belles que celles que nous avons eues à décrire tout à l’heure. Le groupe des femmes n’y est point, celui des jeunes gens non plus, celui des trois pharisiens ou philosophes n’est qu’imparfaitement représenté par plusieurs hommes assis dans le lointain, au delà du fleuve. L’idée de faire apercevoir la colombe et entendre la voix par quelques-uns des spectateurs, appartient à cette première conception, mais elle est mieux sentie, mieux développée, plus riche de détails dans la seconde.

Dans celle que nous décrivons en ce moment, deux jeunes gens placés derrière le Christ, et qui sans doute sont des anges, semblent l’assister de leurs soins; l’un des deux tient son manteau. Ces figures nobles et gracieuses manquent absolument, dans le baptême de la seconde collection. Pourquoi le Poussin, qui a développé dans ce second tableau plusieurs des motifs qu’il n’avait fait qu’indiquer dans le premier, a-t-il renoncé à y placer ces deux ligures, que leur noble altitude et leur grâce céleste semblaient devoir lui faire conserver? Ce sacrilice lui aura été commandé sans doute par un mûr examen, et nous sommes disposés à croire que cet artiste, si parfait dans le sentiment délicat des convenances, pensa que l’humilité du Christ, pendant son séjour sur la terre, ne comportait pas cet appareil réservé au jour où il entrerait dans sa gloire '.

' Il <>sl lacile de s'assurer par divers passage* des Evangile

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