LA CONFIRMATION
Nous conclurons donc que ce peintre, qui redoutait avec tant de raison d’introduire même une demifigure de trop dans une composition, sut renoncer à un détail, fort beau en lui-même, mais qu’une réflexion nouvelle lui fit envisager alors comme inopportun, et qui, en effet, dans le premier tableau , semble faire un trop grand contraste avec l’austérité du reste. Cette suppression est donc encore à l’avantage du Baptême de la collection Chantelou, à laquelle nous avons donné déjà la préférence sous tous les autres rapports '.
La Confirmation. — La supériorité de la collection Chantelou se montre plus clairement encore dans le tableau de la Confirmation. La scène est au milieu d’un temple, en avant du sanctuaire, au fond duquel brûle une lampe. Un large vase , de forme arrondie, destiné sansdoute à l’administration
(Matth.. ch. iv, v. 6, 7; ch. xxvt, v. 53. 54. ), que J.-C., pendant sa mission terrestre, n’a jamais voulu se servir de sa puissance surhumaine pour éviter la pauvreté ou la persécution.
1 Le Poussin a traité encore ce même sujet dans deux compositions différentes, mais où la scène est restreinte et les figures de plus grande dimension par rapport à l'étendue de la toile. Dans l’une, J.-C. est seul avec saint Jean, et au-dessus de sa tête on voit Dieu le Père, soutenu par des anges. Dans le second, quelques hommes agenouillés attendent leur tour. La scène se passe au milieu d'un beau paysage, le Saint-Esprit apparaît au-dessus de Jésus. Dans tous deux, les figures sont d’une grande noblesse, et les expressions soumises et pieuses. Le baptême de saint Jean, peint pourM.de Chantelou aîné, se rapproche plus des compositions des deux suites. Ce sont des motifs analogues; la composition en est cependant moins élevée, le paysage plus riche et plus varié.
du baptême, occupe le centre. A droite et à gauche, deux autres lampes sont suspendues à la voûte.
Le principal groupe se dessine à droite. L’évèque ou hiérarque est assis, la tête couverte de l’amict, revêtu de l'aube et portant l’étole. Agenouillé près de lui, un clerc à la chevelure bouclée et tombante, largement drapé, l’air recueilli, lui tend l’huile sainte dans un vase posé sur un plat arrondi. Derrière le pontife, plusieurs clercs, très-étudiés dans leurs traits, dans leurs chevelures et dans leurs vêtements, vaquent à diverses fonctions du ministère autour d'une table et d’une urne; un d’eux allume un cierge à un autre déjà enflammé, symbole de la vie divine, qui se communique sans diminuer.
Déjà, devant l’évêque, s’agenouille un homme que son vêtement, sa physionomie, sa noblesse et la gravité de sa pose, désignent comme appartenant à un rang élevé ou à de hautes fonctions (le christianisme est désormais en possession de la société romaine), puis un autre inférieur en âge. Derrière eux s’approchent une jeune fille et un enfant. La manière dont sont drapés les deux premiers, l’expression de modestie delà jeune fille, l’attitude un peu distraite de l’enfant varient heureusement la scène, sans lui ôter sa grandeur. Au delà, un autre ministre du culte essuie le front d’un adolescent déjà confirmé. De l’autre côté, un groupe de femmes se fait remarquer par la noblesse des traits et l’ampleur des vêtements; une surtout debout respire toute la grandeur d’une statue antique et d’une matrone