ENFANCE
de ses livres de figures, et môme de compositions auxquelles sa vocation naissante essayait déjà son crayon inexpérimenté.
11 est rare que la nature n’indique pas à l’avance, dans les hommes appelés à se distinguer un jour, l’œuvre à laquelle elle les destine; l’esprit dont nous sommes animés, semblable au germe dans lequel se cache encore la Heur ou l’animal destiné à sortir de son développement, renferme le secret de notre avenir, avenir d’abord caché, mais qui se laisse deviner et pressentir dans ces essais spontanés, presque involontaires, qui révèlent l’homme à lui-même, enlr’ouvrantà ses yeux, assez pour diriger et soutenir son courage, la voie tracée à son génie. Sans doute ces instincts ne sont pas toujours sûrs; iis n’offrent dans bien des cas que le retlet d’une lueur passagère, non la clarté féconde d’une lumière véritable; sous leurs formes multipliées, ils annoncent l’artiste habile, l’écrivain spirituel, le savant laborieux plus souvent que la pensée élevée et puissante, appelée à forcer l’admiration des contemporains et à recueillir celle de la postérité. Pour le Poussin, il n’y eut pas lieu de s’y méprendre : les essais de l’enfant annonçaient les œuvres de l’homme, et les historiens remarquent qu’il ne dessinait pas de vaines ligures, des ligures qui lui fussent suggérées par le hasard, mais qu’au milieu de l’ardeur avec laquelle il se livrait à cet entrainement, on remarquait une sorte de réflexion, un choix, des essais de composition, pro-
ductions anticipées d’une nature d’élite. Son maître et son père réunirent inutilement leurs efforts pour lui persuader de ne pas obéir à une inclination qu’il ne pouvait suivre sans perdre un temps précieux pour sa fortune.
L’art de la peinture était alors moins cultivé en France qu’il ne le fut depuis, et les moyens de l’étudier ne s’offraient ni d’eux-mêmes ni en grand nombre, à celui surtout qui trouvait sa famille opposée ou peu favorable à ses desseins et à ses goûts. Telle était la situation du Poussin; mais un heureux hasard permit qu’il rencontrât vers ce temps, aux Andelys même, Quintin Varin, artiste de mérite, qui fut frappé de ses heureuses dispositions *.
1 On lit dans la Description historique de Paris et de ses environs, par Piganiol de la Force, le passage suivant : « Sur l’autel de la chapelle de Saint-Charles (dans l’cglise Saint-Jacques-de-la- Boucherie), est un tableau très-estime, dans lequel saint Charles est représenté distribuant ses aumônes à une troupe de pauvres assemblés sous le vestibule d'une église. Ce tableau est de Quintin Varin, peintre célèbre, sur lequel l’historien de la paroisse de Saint-Jacques donne une note qui mérite d’être rapportée ici. Varin, originaire de Picardie, après avoir reçu à Beauvais des leçons de peinture de François Gaget, chanoine de Beauvais, et après avoir appris la perspective du frère Bouavenlure d’Amiens, capucin, surpassa bientôt ses maîtres. Mais Beauvais étant un théâtre trop étroit pour tirer parti de son talent, il alla à Paris, et se relira d’abord dans un grenier, rue de la Verrerie, chez un marguillier de Sainl-Jacques-de-la-Boucherie, qui lui üt faire le tableau dont on vient de parler. L’intendant de la reine Marie de Médicis ayant vu ce tableau en fut charmé; et comme la reine cherchait alors un peintre pour décorer la galerie du Luxembourg, l’intendant alla chercher Varin dans son grenier, et le présenta à la reine. Ce
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Ce peintre, dont on voyait, dans le temps où écrivait Bellori, plusieurs tableaux à Amiens et à Paris, était plus estimé des connaisseurs que ne le ferait supposer sa réputation obscurcie plus tard par le peu d’attention que l’on fit aux qualités qui le distinguaient. 11 n’en est pas moins un de ceux qui brillèrent par de solides progrès dans la peinture de cette époque. Il encouragea le jeune Poussin, assurant que le succès ne lui manquerait pas dans la culture d’un art pour lequel il annonçait une si grande aptitude \
Poussin reçut de Varin quelques conseils pour la pratique de l’art, mais les documents que nous possédons ne nous permettent pas d’apprécier le
peintre donna de magnifiques dessins, qui furent adoptés; mais il disparut tout à coup. Il s’élail lié d’amitié avec un poète nommé Durant, qui , ayant indiscrètement fait une satire contre le gouvernement, fut arrêté et pendu peu après. Varin, craignant de participer au malheureux sort de son ami, se cacha si bien qu'il fut impossible de le déterrer. Cela fut cause que l’on fit venir d’Anvers le fameux Rubens, au pinceau duquel on est redevable des riches peintures qui décorent la galerie du Luxembourg. Varin reparut quelques années après, et fit pour la reine la Présentation de Jésus-Christ au temple, dont celle princesse fit présent aux Carmes du Luxembourg. Il a fait aussi le Parali/tigue qui est <t Fontainebleau. Varin a eu la gloire de donner d'utiles leçons au célèbre Poussin.
1 L’auteur d’une vie de Quintin Varin avance que N. Poussin apprit le premier usage du crayon et des pinceaux de Noël Jouvenct, grand-père de Jean. Nous enregistrons ce fait sans en garantir l’authenticité ( Peintres provinciaux de l’ancienne France, par De Chenevièrcs Pointel, p. 217). Il est fourni par un Mémoire sur Jean Jouvenet, appartenant à l’Académie de peinture (Mémoires inédits, etc., t. H, p. 23).
temps pendant lequel il put en profiter. Dans tous les cas ce temps fut court, quoiqu’il ait suffi à Varin pour lui faire connaître les procédés de la peinture en détrempe. Il est probable que les leçons qu’il en reçut restèrent fidèlement gravées dans la mémoire du Poussin, car Varin fut dans la suite le seul maître qu’il avoua.
Ainsi encouragé, et alors âgé de dix-huit ans, il quitta en secret les Andelys, sans attendre le consentement de son père, et vint à Paris pour y puiser à des sources plus abondantes la connaissance de la peinture, et s’y exercer sans partage. Pauvre et fugitif, il dut s’estimer heureux de trouver un asile et un salaire dans la maison d’un gentilhomme poitevin, probablement l’un des rares amis que les arts du dessin comptaient alors. Ce gentilhomme s’était rendu à la cour pour y servir le jeune prince qui depuis deux ans avait succédé à Henri IV son père, c’était par conséquent en ICI 2.
Jean Cousin était mort à la fin du siècle précédent; Vouet, fixé à Rome à son retour de Constantinople, s’y faisait connaître du pape Urbain VIII par quelques tableaux qui eurent l’honneur d’être placés dans l’église de Saint-Pierre, et ne revint à Paris qu’en 1628. Le seul Martin Fréminet eût donc pu populariser en France les traditions de la peinture italienne; mais, soit qu’occupé de peindre la chapelle de Fontainebleau, il ne fût point présent à Paris, soit qu’il n’eût point ouvert d’école, soit toute autre circonstance, Poussin ne put recou-
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rir à ses leçons, et plus tard la trop courte carrière de cet artiste, mort à trente-cinq ans en 1019, ne le lui eût pas permis. La peinture, tombée en Italie vers la seconde moitié du seizième siècle, de la perfection où l’avait portée Raphaël, s’y relevait depuis quelques années dans l’école des Carraches ; mais cet heureux retour ne se faisait pas sentir encore en France, et les peintres y étaient descendus à une manière mesquine et froide de traiter les sujets qui leur étaient proposés, ou qu’ils choisissaient eux-mêmes. Si plusieurs des chefs-d’œuvre de la statuaire antique moulés par ordre de François Ier étaient, depuis ce temps, possédés par la France, renfermés dans la demeure des rois, et difficilement accessibles, ils ne pouvaient exercer sur les artistes, rares alors, une influence bien étendue.
Poussin ne tarda pas cependant à trouver des maîtres, mais il quitta bientôt le premier, homme de peu de talent, et qui nous e3t resté inconnu, pour s’attacher quelque temps à l’école de Ferdinand Elle, Flamand, habile peintre de portraits *. Il dut recevoir de ce maître d’utiles leçons pour la pratique de l’art, dans laquelle il est probable que ses progrès jusque-là ne s'expliquaient guère que par l’excellence de ses dispositions naturelles, et les conseils de Quintin Varin. Mais la peinture du
1 « Ferdinand Elle était natif de Malines; il jouissait d’une assez bonne réputation dans le portrait. On connaît un portrait du Ronssin jeune, en profil, gravé d’après Ce peintre. » (Note de
M. G. de Saint- Germain, j
portrait ne répondait pas à ses qualités les plus hautes, à celles que devaient bientôt développer en lui l’inspiration des grands modèles dont le commencement du seizième siècle avait honoré l’Italie, le sentiment du beau dans les figures, les poses et les ajustements, le génie historique et poétique qu’il porta depuis au plus haut degré. Il quitta donc promptement l’école de Ferdinand Elle, et une heureuse circonstance fit bientôt briller à ses yeux la lumière qui devait éclairer sa pensée, et faire resplendir la voie qu’il allait suivre désormais.
Le génie , même le plus ferme, demeure quelque temps incertain de la direction qu’il doit suivre; un vague instinct lui donne la conscience de luimême, mais, dans le sentiment confus de sa mission, la nuance qui lui est propre ne se laisse pas toujours immédiatement apercevoir à ses propres yeux. Il se soupçonne, mieux encore, il se connaît, mais n’a pas pénétré complètement le caractère définitif sous lequel il doit conquérir les suffrages de la postérité. Un fait imprévu lui communiquera cette impulsion, il la recevra d’un spectacle inattendu, d’une parole, du conseil d’un ami, ou de tout autre accident en apparence fortuit. Ce sera pour lui une révélation subite, mais invincible,
qui décidera de son avenir Cette heure allait
sonner pour le Poussin.
Un nommé Courtois, savant mathématicien, attaché au jeune roi, qui logeait au Louvre, et aimait les arts du dessin , avait formé une collection des
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estampes les plus rares de Marc Antoine, reproduisant les compositions de Raphaël et de Jules Romain. Poussin lui avait été recommandé par le gentilhomme poitevin dont il était devenu l’ami. Courtois mit ce trésor à la disposition du jeune peintre, qui ne cessa dès ce moment d’étudier ces gravures, de reproduire avec un juste sentiment de leur beauté, les formes, les mouvements, les inventions familières à ces maîtres de l’art. C’est de là que lui vient ce caractère de composition et de dessin où respire, mais respire librement, l’étude des chefs-d’œuvre du peintre d’Urbin', qui ne laisse aucun doute sur la source où il a puisé les premières inspirations de l’art, auxquelles il a d’ailleurs ajouté une correction de dessin que Raphaël n’a pas toujours connue, et une profondeur de conception que personne n’a égalée.
On trouve dans ces circonstances de la vie du Poussin une preuve nouvelle que le génie, élevé à un certain degré de puissance et d’énergie, domine l’exécution, l’atteint en quelque sorte immédiatement, et comme par une faculté instinctive, sous l’empire du besoin d’exprimer sa pensée, besoin qui abaisse et soumet les difficultés de la pratique. Ainsi était-il arrivé à Michel-Ange qui, voulant apprendre les procédés de la peinture à fresque, s’a-
1 Rellori fait à ce propos cette judicieuse remarque : « Parte « cgli educato nella scuola di Rafaello, da cui certamenle bibbe « il latte e la vila dell'arle. »
n»E!Mfe»B PARTIE.
perçut bientôt qu’il en savait plus que ses maîtres, et que l’énergie de sa conviction d’artiste lui suggérait, comme à son insu, les moyens d’exécution.
Nous sommes en effet conduits à croire qu’aux Andelys, le Poussin fut, pour l’étude de la peinture et du dessin, livré à peu près à ses propres forces; les leçons, moins que cela peut-être, les conseils qu’il reçut de Quintin Varin ne furent que passagers. Lors donc qu’il arriva à Paris, il devait à lui-même, et presque à lui seul, les qualités, qui l’avaient fait remarquer de ce peintre; il ne pouvait avoir acquis une connaissance suffisante de la pratique de l’art. Nous l’avons vu pourtant ne paraître que trois mois dans l’école du peintre de portraits Ferdinand Elle, près duquel il semble qu’il eut pu puiser la connaissance des procédés d’exécution qui lui manquait en grande partie. Ne comprenait-il donc pas lui-même combien il avait besoin d’apprendre ? ou plutôt, confiant dans son génie, qu’il sentait supérieur aux procédés techniques de l’art, ne dédaigna-t-il pas une école où l’adresse de la main et la justesse du coup d’œil n’avaient pas d’autre but que l’imitation servile de la nature, quelle qu’elle fût? Des motifs analogues lui firent abandonner l’école de Lallemand, peintre d’histoire facile mais médiocre, où il était entré, dit-on, en sortant de celle de Ferdinand Elle.
Nous devons conclure de ces faits que Poussin eut à peine un maître , et qu’il n’appartient à aucune école. S’il dut rencontrer dans cette voie
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solitaire des difficultés que lui auraient aplanies les conseils des plus expérimentés, il dut aussi à cet isolement de conserver au génie dont il fut doué son originalité native, rare qualité qui se perd, ou s’altère du moins, lorsque des efforts soutenus, pour se façonner aux détails de l’exécution, ajournent trop longtemps l’essor de la pensée, forcent à en éluder l’influence, à en suspendre l’inspiration; soumettant ainsi l’élève, contraint de renoncer à lui-même, à l’action incessante du maître et de ses rivaux. C’est là peut-être ce qui explique le développement extraordinaire d’aptitudes diverses chez quelques grands artistes, qui furent, comme Michel- Ange, architectes, peintres, sculpteurs, et qui parvinrent, dès leur premier pas, à la supériorité dans les arts qu’ils embrassèrent. Les soudaines illuminations du génie leur tinrent lieu de ces pénibles lenteurs, honneur il est vrai de la médiocrité laborieuse, et garantie, précieuse d’ailleurs, de la transmission des saines doctrines et du bon goût.
11 y a en effet des temps plus favorables que d’autres aux esprits créateurs, mais aux esprits créateurs seulement. Ces temps sont ceux où les systèmes d’études ne sont point exclusifs, où les méthodes encore incertaines respectent la Spontanéité de l’homme supérieur, où le génie n’est pas condamné à s’allanguir sous la sagesse des préceptes, et la succession immuable des phases d’un enseignement inflexible.
L’art en France, au commencement du dix-sep-
tième siècle, ne présentait pas ces dangers au génie; non-seulement il n’ouvrait pas au Poussin une voie nouvelle, mais encore les ressources manquaient partout à l’étude. La décadence était complète. Nous avons vu que, si le statuaire Jean Cousin avait jeté quelque éclat dans la peinture, la chute de son école avait été rapide, que ni Ferdinand Elle, concentré dans l’exécution du portrait et d’ailleurs flamand, ni Quintin Varin, ni Simon Vouet, qui n’avait que douze ans de plus que le Poussin, et dont la fécondité était la première qualité, n’étaient appelés à donner une mâle impulsion à l’art en le renouvelant. Une facilité toujours la même, une grâce monotone et insignifiante, des compositions faites de pratique dans un système convenu caractérisaient le talent des peintres les plus renommés d’alors, mais ne répondaient point au besoin fortement senti, quoique encore incertain dans son expression, qui portait notre jeune artiste à produire, à force de méditation, des conceptions neuves sans affectation, originales sans bizarrerie. 11 était naturel qu’il dédaignât des talents, réels sans doute, mais mis au service de sentiments communs et de pensées médiocres. S'il se produisait à cette époque quelques tableaux qui méritassent le suffrage des connaisseurs, c’était en Italie, à Rome et à Bologne dans l’école des Carraches, c’était à Florence sous le pinceau de Ludovico Cigoli ou sous celui du Passignano à Venise.
Nous avons laissé le génie naissant du Poussin
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livré à l’étude des gravures qui reproduisaient les compositions de Raphaël. Ces compositions furent pour lui comme un monde nouveau. Nous avons dit qu’il les copiait avec soin, que sa réflexion s’exerçait sur elles, et mûrissait rapidement à cette vue. Lorsqu’aujourd’hui nous arrêtons nos regards sur ses tableaux, nous reconnaissons d’abord l’impulsion qu’il reçut à cette époque de sa carrière, et nous constatons qu’il puisa le caractère de son dessin en grande partie dans ces traditions des chefsd’œuvre de l’école romaine. S’il sut depuis imprimer à ses ouvrages le cachet de son originalité propre; s’il s’est ouvert une voie dans laquelle il n'a point de rivaux, nous devons néanmoins ne pas méconnaître le foyer auquel son jeune talent sentit pour la première fois s’allumer la flamme qui ne cessa plus de l’échauffer dans la suite. « C’est par cette élude, dit judicieusement Bellori, dans le passage que nous avons cité plus haut, que, dans sa manière de composer les sujets historiques, et de donner l’expression à ses figures, il semble avoir été élevé dans l’école de Raphaël, dans les productions duquel il suça le lait et la vie de l’art. » Aussi quoiqu’il n’ait point tardé à être privé du précieux avantage de consulter ces gravures aussi souvent que le désir l’y portait, l’impression était faite, et rien ne put dans la suite effacer le souvenir de cette féconde leçon.
Le jeune gentilhomme, dont l’amitié et le goût avaient offert un asile au Poussin , quitta la cour et
s’en retourna en Poitou, emmenant avec lui notre artiste, dans le dessein de mettre son talent à profit, en faisant orner son château de tableaux et de peintures d’un style élevé. Mais les événements ne tournèrent point ainsi qu’il le souhaitait, et le Poussin fut exposé en cette circonstance à des humiliations que quelques artistes et beaucoup de gens de lettres avaient éprouvées avant lui, dans un siècle et chez une nation qui ne faisait que naître à l’amour des arts et à la culture littéraire. La mère du jeune gentilhomme avait peu de goût pour les tableaux, l’âge de son fils lui laissait, avec la libre disposition de sa fortune, la direction de la maison-, elle jugea utile d’occuper le Poussin de soins domestiques, sans lui laisser le temps de cultiver la peinture.
Une pareille situation ne pouvait convenir à un jeune homme dominé par une vocation aussi prononcée, et auquel la misère, avec les moyens de peindre, eût paru préférable à la richesse ellemême, acquise au prix du sacrifice de ses goûts. Le Poussin se hâta donc de renoncer à cette hospitalité funeste, et, en attendant qu’il eût trouvé les moyens de franchir la distance considérable qui le séparait de la capitale, il vécut du mieux qu’il put dans le pays où il était, subvenant à ses besoins par le prix de quelques tableaux qu’il eut l’occasion de faire, ayant soin de se rapprocher de Paris autant que le lui permettaient les lieux et les circonstances qui lui offraient du travail. La