‹ Le PoussinChapitre 62 sur 155 · INFLUENCE DU POUSSIN · texte numérisé non relu

INFLUENCE DU POUSSIN

met de fixer la valeur du tableau de Y Extrême-Onction dont il annonce plus tard qu’il a été payé *, sans faire connaître le prix qu’il en a reçu. Mais ce prix, nous pouvons supposer qu’il fut de 250 écus romains 5, d’après celui que la correspondance annonce avoir été payé pour les tableaux de la Confirmation et de la Pénitence, et étendre celte conjecture à celui de la Cène, et aux autres sacrements.

Néanmoins, nous n’aurions point d’après ces données une estimation exacte de la valeur que le Poussin attribuait à ses peintures, et du prix qu’il en demandait. Il reste ici au-dessous de son appréciation ordinaire. L’amitié qui le liait à M. deChantelou, l’idée qu’il devait beaucoup à sa protection l’engageaient à le traiter plus favorablement et à retrancher, en reconnaissance de services rendus, une partie du prix auquel les nécessités de la vie ne lui permettaient pas de renoncer tout à fait; et avec d’autant plus de raison que, de 1644 à 1648, comme nous avons déjà eu occasion de le faire observer, sa santé souvent altérée lui permit d’exécuter fort peu de tableaux, en dehors de la seconde

loi porta cent écus pour le tableau de saint Paul, il n’en prit que cinquante, et l’on sait que pour tous les autres tableaux qu'il a faits il en a usé de même. » La lettre du Poussin, du 7 janvier 1641, prouve qu’il accepta cette libéralité de M. de Cbantelou, mais en se réservant de prendre sa revanche.

' Lettre s, 30 octobre 1644.

1 Lettres, 29 juillet 1643.

* Lettres, 3 juin 1647 et 19 août 1647 Environ 1337 fr. 30 c cours actuel.

suite des Sept Sacrements. Mais la cour de France, il est vrai, si nous en croyons Baldinucci, qui put le savoir de la bouche même du Poussin, continua à lui payer ses appointements de peintre ordinaire du Roi, à lui conserver le logement que nous l’avons vu occuper dans le jardin des Tuileries, et il eut lieu de croire que le crédit de son ami n’était pas étranger à cette continuation de la munificence de Louis XIII, sous le règne de son fils. En offrant de reprendre lui-même la composition d’une nouvelle suite des Sept Sacrements, il avait annoncé dès ce moment que le prix de ces tableaux ne serait pas beaucoup plus élevé que ne le serait celui des copies qui avaient été d’abord projetées; il tint parole, mais en même temps, ayant eu à se plaindre de quelques procédés de M. de Chantelou, il n’hésite pas à lui rappeler que pendant l’espace de cinq ans, il l’a préféré à beaucoup de gens de mérite très-désiraux qu’il leur fit quelque chose, et dont la bourse lui était ouverte, tandis qu’il se contentait d’un prix si modique de sa pari, qu’il n’a pas même voulu prendre tout ce qu’il lui a offert \

Un fait qui montre que son esprit de justice était quelquefois outrepassé par sa délicatesse, c’est que le change étant fort élevé en décembre 1657, il

1 Page \1\. Rappelons en passant ce que nous avons dit plus haut du prix de six cents écus, que Cbapron demandait pour une cnjù< de la Tran*/iguialion. Voir note 1).

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