‹ Le PoussinChapitre 66 sur 155 · CARACTÈRE DE SA VIE · texte numérisé non relu

CARACTÈRE DE SA VIE

peu près unique dans l’histoire, et que nous retrouverons dans le souvenir de ces dernières années, où se produit, dans l’homme qui sent faiblir ses organes, le dernier effort d’affranchissement de sa pensée.

Le Poussin était dans la force de son génie lorsque autour de lui se groupaient avidement les jeunes Français appelés à Rome par l’amour de la peinture. Ainsi s’inaugurèrent librement, sous l’empire d’une supériorité incontestée, les traditions devenues, l’année qui suivit sa mort, une institution officielle qui, depuis bientôt deux siècles, appelle la judicieuse pensée de la France à étudier les chefs-d’œuvre de l’Italie. Il semble que Lebrun et ses amis reconnaissants aient attendu que leur maître fût descendu dans la tombe, pour transformer en un établissement durable l’ascendant involontaire de son génie et de ses vertus.

Encore l’abbé Srarron. — Les deux Rarittetnntlt de iain' Paul. — Portraits et esprit du Poussin. — Sa philosophie. — Son patriotisme).— Sa maison des Tuileries. — La mort de Jl. De Noyers.

Les circonstances font naître quelquefois entre certains hommes des rapprochements qu’il est ditticile d’expliquer et que rien ne saurait faire prévoir. Tel est celui que nous avons déjà surpris entre le Poussin et Scarron. Il est vrai que l'attrait n’est que d’un côté, et que l’artiste éloigne cet ami inattendu avec toute l’énergie et toute la persévérance que lui permet la politesse.

Scarron, conduit à Rome par la curiosité ou quelque autre cause que nous ignorons, y avait connu notre peintre. Dé retour en France, il était resté quelques années sans le voir ; mais, familier dans la maison de M. deChantelou, son compatriote, il l avait sans doute revu pendant son séjour de 1641, et leurs relations interrompues s’étaient renouées. Néanmoins ce ne fut que vers 1647 que l'envie le prit de lui demander un tableau, et de lui envoyer

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