‹ Le PoussinChapitre 79 sur 155 · DIVERS TABLEAUX · texte numérisé non relu

DIVERS TABLEAUX

résurrection, sous la figure d’un jardinier, tableau d’une composition simple, recueillie en quelque sorte, et digne de la spiritualité pure des premiers jours de la foi chrétienne; pour l’illustre Lenôtre, digne appréciateur de la grandeur unie au naturel, la composition si dramatique de la Femme adultère, aujourd’hui possédée par les galeries du Louvre

Le Moïse exposé sur les eaux, peint en 1654, pour Stella , est remarquable par la richesse du paysage et l’expression des parents du prophète. Le même peintre s’enrichit en 1 657 d’une Naissance de Bacchus , brillante composition, embellie de figures qui respirent la grâce la plus pure de l’antiquité. En 1656, un Achille à Scyros était sorti de l’atelier du Poussin pour le duc de Créqui; en 1657 une Vierge fuyant en Égypte pour M. Cerisiers, son ami ; en 1 658 pour M. Passart, maître des comptes, un paysage représentant Orion aveuglé par Diane, un autre paysage pour Lebrun.

Mais M. de Chantelou est toujours en première ligne parmi ceux qui sollicitent et qui obtiennent, c’est pour lui en 1655 une vierge déjà promise en 1647. On peut croire que cette vierge, contre la pratique ordinaire du Poussin, était grande comme nature *. Il communique à cette occasion à M. de

' Pi“ 427.

* Dans sa lettre du 29 août 165ô, le Poussin parlant d'une vierge de grandeur naturelle qu’il est en train d’achever pour une personne qui vient de mourir, dit à M. de Chantelou, In toile est en-

Chantelou, en la lui envoyant, des observations qui trouveront place ailleurs, lorsque nous nous occuperons de la théorie de l’art tel que le conçut notre peintre; c’est encore une Conversion de saint Paul promise, longtemps méditée, mais qui ne paraît pas avoir été terminée. Une Vierge en Égypte, commencée en 1655 pour madame de Montmort, arriva en 1658àM. de Chantelou, devenu dans l’intervalle, après quelques années de veuvage, le mari de cette dame. Poussin explique avec détails comment, pour que le spectateur reconnût sans effort la contrée habitée alors par la vierge, il a représenté au fond du tableau une procession de prêtres égyptiens, d’autant plus fidèlement reproduite qu’il l’a tirée de la mosaïque de Palestrine. Au tableau de la Samaritaine, destiné à la nouvelle madame de Chantelou , se rattache cette particularité qu’il est la dernière composition de figures sortie de l’atelier du Poussin; il date de 1662. En l’envoyant en France, il fait lui-même allusion à la diminution incessante de ses forces, par ces paroles touchantes à M. de Chantelou : « Vous devez considérer que j’y ai employé, avec tout ce qui me reste de forces, la bonne volonté que j’ai toujours eue de vous bien servir. Souvenez-vous des signes d’amitié que j’ai en plusieurs occasions reçus de votre bonté; j’espère que vous me les continuerez jusqu’à ma fin , à

viron de la grandeur de la vôtre; cela suppose qu’il en est de même des figures.

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