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DERNIÈRES CIRCONSTANCES DE SA VIE, ?7I

grave dans les premières années de son séjour à Rome, avant le voyage qu'il fil en France. C’est à la suite de sa convalescence que, touché des soins que lui avait prodigués Marie Dughel, il l’avait épousée. A part quelques indispositions passagères, il paraît avoir joui d’une assez bonne santé, entretenue encore par la régularité de sa vie. Néanmoins vers la lin de 1648, âgé alors de cinquantequatre ans, il se plaint pour la première fois de la débilité de ses yeux et du peu de fermeté de sa main; il devient plus sensible aux changements rapides de la température, les douleurs de tête commencent vers la même époque; plus tard il s’en plaindra davantage. En 1651, il se félicite du raffermissement de sa santé, pour être plus en état de servir M. de Chantelou ; mais, sept ans après, il attribue le ralentissement de sa correspondance aux iniirmités qui vont se multiplier avec l’age*. Il ressentait déjà ce tremblement de la main, que son génie sut cependant dominer encore jusqu’en 1 664, tout en se trouvant obligé d’interrompre ses travaux pendant la saison où il était le plus soutirant. « Je ne passe aucun jour sans douleur, écrit-il à M. de Chantelou le 2 août 1660, et le tremblement de mes membres augmente eomine mes ans. L’excès de la chaletir, pendant la saison présente, me bat en ruine; partant, j’ai été contraint d’abandon-

1 En parcourant le précieux manuscrit doses lettres autographes, aujourd'hui propriété de la ltibliothèi|ue impériale, il est unpos-

ncr tout labeur, et de mettre de côté les couleurs et les pinceaux. Si je vis cet automne, j’espère les reprendre, particulièrement pour vous, qui avez eu la bonté de me continuer votre amitié et vos bonnes grâces. Je devrois écrire à Madame, mais le tremblement de ma main m’en empêche, et je lui en demande très-humblement excuse'.» Malgré cette faiblesse croissante, nous le retrouvons, au milieu de IGG‘2, occupé à terminer un tableau, dont la dernière partie qu'il dût parfaire était la tête du Christ. Mais au mois de novembre suivant, faisant sans doute allusion à cette œuvre qu’il achève péniblement, il laisse échapper le cri de détresse2, adouci sans doute par les souvenirs affectueux de son long commerce avec ses amis de France, en même temps dernier adieu à ces fidèles affections.

11 vécut cependant encore trois ans; il peignit même, puisqu’il faut rapporter à 16G4 l’achèvement des quatre paysages dont nous avons parlé plus haut, compositions à la fois si remarquables et si diverses, qu’elles témoignent d'une manière merveilleuse de la flexibilité de son génie à cette heure suprême, au milieu de ses infirmités.

sible de ne pas être frappé du changement de l’écriture, qui, dans ses dernières années devient plus grosse, plus incertaine et se ressent du tremblement de la main. Ce changement est surtout sensible dans la lettre de 1 60 i à l’abbé Nicaise, où il s’excuse sur ses infirmités de ne pouvoir faire son portrait pour lui. Celte lettre appartient aussi à la Bibliothèque impériale.

1 Lettres.

1 IU.± 0 novembre 1062.

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