SUJETS TIRÉS DE L'HISTOIRE PROFANE
Pyrrhus sauvé chez les Mégariens Coriolan et Vélurie j nous y ajouterions la Prise de Jérusalem par Titus, si nous avions été assez heureux pour trouver les gravures de cette composition deux fois traitée par le maître. Le Testament d'Eudamidas doit être également rangé dans cette catégorie, quoiqu’il se distingue par la condition privée des personnages, et surtout par son caractère philosophique.
On peut aussi rappeler quelques tableaux de moindre dimension, tels que Achille à Scyros, Thésée découvrant les signes de sa naissance; ces sujets, qui se rapprochent des sujets mythologiques, méritent d’attirer l’attention et l’étude. Ajoutons également au nombre des tableaux qui retracent des faits historiques, plusieurs de ceux que l’on classe ordinairement dans la série de l’histoire sainte, tels que la Peste des Philistins, le Passage de la mer Rouge, Moïse sauvé des eaux-, Moïse à la cour de Pharaon. Il y a en effet entre ces sujets et les sujets tirés de l’histoire une analogie nécessaire, puisque le caractère historique appartient également aux temps héroïques de la Grèce, aux souvenirs des Pharaons et aux annales du peuple hébreu;— cette analogie s’est augmentée encore sous l'influence du génie épique du Poussin.
Soixante-quatorze ans seulement séparent la mort de Raphaël de la naissance «lu peintre des
» ld., n- 137.
Andelys. Pendant cette partie du seizième siècle, la renaissance des lettres étendit son influence, et accéléra là publication des œuvres littéraires des anciens. Poètes, historiens, orateurs, philosophes, etc., grecs et romains, ignorés jusqu’alors ou dont le nom seul était connu, parurent à la lumière. Mais ces précieuses découvertes restèrent l’objet des études propres d’un petit nombre d’esprits cultivés, et ne descendirent que lentement dans le domaine du plus grand nombre. Aussi les sujets purement historiques demeurèrent-ils longtemps encore étrangers à la peinture, et les légendes pieuses, les faits traditionnels fournis par les annales de la religion, continuèrent-ils à exercer les pinceaux des successeurs de Raphaël. Si la mythologie fut plus heureuse que l’histoire, il faut l’attribuer à ce que l’étude de l’antique rappelait sans cesse l’imagination des artistes sur les dieux de l’Olympe, et sur tout ce qui se rattachait à eux.
Quelques peintres, parmi lesquels on distingue Jules Romain, et plus tard les Carraches et leurs élèves, empruntèrent plus d'une fois les sujets de leurs tableaux à l’histoire grecque ou romaine; mais ces choix mêmes étaient rares, et les circonstances dans lesquelles ces compositions furent traitées contribuent à leur donner le plus souvent le caractère d’exceptions.
On peut dire qu’avant la fin du seizième siècle, l’histoire ancienne, romaine ou grecque, n’était pas devenue systématiquement l’objet de compositions