SUJETS TIRÉS DE L’HISTOIRE SACRÉE. .H
traits qui distinguent les sujets empruntés aux traditions religieuses.
Sujets historiques tirés de l'histoire sacrée. — Aucune histoire n’exerce sur l’esprit, les habitudes et les mœurs des peuples, une influence plus immédiate et plus durable que l’histoire de leur religion. Nous avons pour témoignage l’antiquité tout entière dont les annales les plus reculées se rattachent partout aux diverses cosmogonies sur lesquelles se fondent les croyances, et où les arts furent exclusivement consacrés à la représentation des dieux et des héros placés dans l'Olympe, ou consacrés de quelque manière par la vénération de la postérité. Cette vérité se montre plus clairement encore dans les temps modernes, ou du moins à l’origine des nations qui composent l’ensemble de l’Europe actuelle. En effet, Home et la Grèce ont eu des historiens qui, sans se borner à rapporter les faits politiques, ne donnent qu’une place circonscrite aux faits religieux, tandis que les premiers annalistes de l’Europe chrétienne furent tous voués à l’église, et rattachèrent les faits de leur époque à l’histoire des premiers efforts, et des développements contemporains du christianisme et de l’influence épiscopale. On peut dire qu’avant Villehardouin au douzième siècle et Froissard au quatorzième, il n’y a pas d’histoire laïque, et aujourd'hui même, dans l’état où se trouve le progrès de l’enseignement, plus répandu dans les classes inférieures, il y a peu de gens qui n’aient une idée d’ Abraham, de David, de Salomon, du
jardin des Oliviers, de la passion de Jésus-Christ; il y en a beaucoup qui n’ont jamais entendu parler des batailles de Crécy, de Poitiers, des états généraux de 1356, de ceux de Louis Xll et de Louis XIII.
Il y a donc, dans tous les éléments qui nous environnent, comme une préparation de l’esprit à mieux comprendrel’histoire sainte que toute autre histoire, à nous identifier davantage avec les faits qui ont marqué le berceau de notre foi. 11 y a en même temps de la part du peintre, une disposition plus grande à parler un langage que la multitude est mieux disposée à comprendre. Il faut du savoir pour apprécier la continence de Scipion, l’héroïsme de Régulus, la visite d’Alexandre et d’Éphestion à la mère de Darius ; il suffit de s’être assis sur les bancs de l’école primaire, il suffit du catéchisme pour ne pas se tromper sur Jésus-Christ appelant à lui les petits enfants, sur Lazare ressuscité, sur l’Annonciation, sur la Présentation au temple, etc.
Indépendamment de cette popularité, les sujets bibliques et évangéliques ont encore pour nous plus de sens, plus de profondeur, plus d’expression ; ils disent plus à l’esprit et au cœur. Chaque fait de l’histoire profane répond pour lui-même, chaque fait de l’histoire sainte est solidaire d’un ensemble d’actions qui, prenant l’homme dans son état le plus humble, l’élève jusqu’au ciel sur l’aile toujours déployée de ses espérances éternelles. Quel que soit le voile dont l’esprit moderne ait à certains moments obscurci les vérités chrétiennes, nous en sommes