Arch. Nai., U. 439. Rapport aar TéUt actaal da Ptrlaseat
338 LE DUC d'aiguillon et la ghalotais
Après une telle lettre, il est difficile de soutenir, comme on Ta prétendu, que le duc d'Aiguillon resta étranger au procès, « qu'il se refusa à exercer aucune action sur les juges et fit de grands eiïorts pour amener le ministère à se montrer aussi discret que lui-môme *. »
Quand d*AiguilIon adressait ce rapport au ministre, avait-il connaissance des Mémoires de La Ghalotais? C'est possible, quoiqu'on ne puisse pas l'affirmer. C'est à cette époque, en eiïet, qu'ils commencèrent a se répandre dans le public. Saint- Florentin les signale, le 21 juin, comme ayant paru à Bordeaux; ils furent connus a Rennes presque aussitôt. La sensation fut prodigieuse. Tous les contemporains, amis et ennemis, sont d'accord sur ce point. II faut essayer de se rendre compte de l'état d'esprit du public. On savait que cinq magistrats étaient emprisonnés depuis six mois dans une forteresse; mais nul ne connaissait les causes do leur détention. On pensait sans doute qu'ils avaient dû commettre quelque crime énorme. Et voilà que tout à coup, éclatant comme un éclair dans un ciel d'orage, paraissaient ces écrits vibrants, incisifs, éloquents, montrant à la fois le néant des accusations et la rigueur inique do la peine. Du coup, les magistrats prisonniers devinrent les favoris de l'opi-
cle BrctO(fiio, odrcmié por d'Aiguillon h Siiiiit-Florenlin, 1« 22 juin 17C6.