Cédule évocatoire ^ p
DISJONCTION DBS BILLETS ANONTMBS 343
quarante à peine. « Donc, quand les accusés réclament révocationf ils réclament un droit qui leur a été acquis dès le premier instant de la procédure et qui 8*est renouvelé à chacune des révolutions qu'elle a éprouvées, un droit par conséquent auquel il est impossible de se refuser '. »
D'éminents avocats de Paris et de Rennes appuyaient cette thèse de leur avis motivé. Elle était irréfutable en droit, et conforme en fait à Téquité la plus certaine. Il était évident que le Parlement de Rennes était, de tous les Parlements, le moins qualifié pour juger une telle cause; les raisons de convenance .s'unissaient aux arguments juridiques pour imposer son abstention ; dans Tétat de surexcitation générale des esprits, il ne présentait aucune des conditions d'impartialité, d'indépendance, de calme et de sang-froid que Ton doit exiger des juges.
M. de la Fruglaye partit pour Paris le 12 juillet avec sa belle-sœur M** de Caradeuo, afin de faire valoir cette requête. « Ce ne fut pas sans peine, » raconte-t-il.
« M. d'Aiguillon avait défendu qu'on donnât des chevaux à la poste sans son permis et nous avions le plus grand intérêt à lui cacher notre départ pour Paris, auquel il se serait sûrement opposé. Nous avions à redouter les espions dont notre maison était investie. Nous primes toutes précautions à cet égard et à deux heures du qaatin nous partîmes dans une voiture attelée de nos chevaux. J'envoyai un courrier à la première poste