Journal de» Evèncmemiê, p
S. Ré<|uisiioire du k août, arrél du 6 «oui 1766. — Procèê in- Biruit, IH. 160-165.
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guillon, qu^ils en avaient argent en poche, avec Tespoir d^autres grAces, dès que Tiniquité serait consommmée. » Etait-ce donc là une calomnie si invraisemblable? Le Journal des Evénements^ très favorable à Taccusé, va plus loin encore. « Le rapporteur revint plusieurs fois à la charge sur les billets, dit-il, il obséda M. de la Chalotais, le persécuta. Celui-ci lui répliqua : « Vous voulez le sang de Tinnocent, il criera contre vous jusqu'à la quatrième génération '. »
Il était plus aimable avec ses gardiens qu'avec ses juges, ce qui est assez naturel : « M. de la Chalotais me fit prier de Taller voir, écrit Barrin. J'y fus. Je le trouvai plus doux et moins plaignant que je ne m'y attendais, et, en apparence, fort tranquille sur son sort. Il me dit quelque chose de ce qui s'était passé le matin (avec Villebouquais) et m'aurait peut-être tout dit si j'avais voulu, car il était en train de jaser, mais moi fort peu d'entrer en matière avec lui, craignant de ma part quelque indiscrétion involontaire dont il aurait tiré parti. La visite fut assez longue... nous nous séparâmes assez bien ensemble, mais je ne crois pas que cela dure'. »
Finalement, La Chalotais récusa d'Amilly et Villeblanche pour haine irréconciliable, Fabroni de la Prégenterie comme complice d'un des prétendus délitÉi qu'on lui imputait, Cornulier fils pour raison de parenté.
Le Parlement n'admit que cette dernière récusation. Aux yeux du petit clan de l'intendance,
1. Journal des KpèmemenU^ p. 1%4-145. — Corrtêjfoméutuê foutetlf, p. 186.
S. Arch. du min. de U joal. Barrin à d*Aif«Uloih « M«i 17M.
il faisait preuve d*une lenteur et d'une apathie déplorables. « Notre sénat g&te ses culottes, dit galamment La Noue... Hier, il fut encore arrêté par la filiation Cornulier ; la perte de ce jour m*a fait chanter pouillcs au premier président... sur ce que ce retard pouvait être dangereux pour nos experts arrivés lundi soir, que son corps a\** lait être bafoué de ce que Chalot, en les traitant mal, obtenait les délais qu'il voulait. Il me répondit qu'il fallait du temps à tout... Vous reconnaissez rhomme. Le pis, c'est qu'on peut le regarder comme l'écho de son corps. M. de Saint-Florentin lui a écrit des choses honnêtes, il ne faut que cela pour diminuer son activité; il no va que par les gros mots. Villebouquais nous désole... Le premier président a été voir Chalot et l'a embrassé, disant qu'il était assez malheureux; vous reconnaissez bien la singularité de M. d'Amilly à ce trait. Il était avec le président de Montbourcher. La visite s'est passée à dire qu'ils ne se haïssaient point, le reste en persiflage '. »
Voici le récit de l'autre camp : « M. de la Chalotais demanda à M. d'Amilly s'il ne l'avait point inculpé, s'il n'avait point écrit contre lui. Le premier président lui protesta qu'il n'avait rien écrit contre lui, et ils s'embrassèrent. M. d'Amilly fondit on larmes. M. de la Chalotais n'ayant jamais eu lieu do former de doutes sur les intentions du président de Montbourcher ti son égard, le reçut avec des témoignages de satisfaction. Ces doux présidents ont dit qu'ils ne pou-