LES HÉSITATIONS DU PARLEMENT
constances, maïs j'ai laissé dans mon cabinet des papiers qui ne doivent ôtro vus de personne et je veux les y prendre moi-mémo *. »
Montbourcher chercha dans une longue réponse à expliquer et à excuser la conduite du Parlement. Il avait déjà écrit dans le même sens au contrôleur général ^.
Il apparaissait clairement désormais que le Parlement ne voulait pas juger, ou, du moins, qu'il y mettrait de tels retards que sa lenteur équivalait à un refus.^ Il fallait pourtant donner une solution à cette redoutable affaire qui passionnait le pays et devenait de plus en plus inquiétante.
Dans le parti do Tintendance, on en trouva une aussitôt ; elle était très simple : elle consistait a enlever le procès au Parlement et à faire prononcer contre La Ghalotais, par une décision souveraine et sans appel, une peine sévère, par exemple la détention perpétuelle dans une forteresse. Tous, La Noue, Fontette, Barrin, Flesselles ne voyaient plus de ressource que dans une mesure de rigueur, c'est-à-dire un nouvel acte d'arbitraire. Elle leur paraissait d'autant plus nécessaire qu'on était à la veille des Etats.
« M. de Flesselles n'a pas encore vu les Etats de Bretagne, écrit La Noue, je réponds qu'il en
1. Arch. du cbAi. de la Magnano. LeUra aatof. de d*Aif«Ulini k Montbourcber, Belle-Isle. 26 août t7M.
2. Arcb. Noi., H. 439. Moniboorcber aa contr6le«r général, 22aoûlt7M.
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sera étonné. Si le feu se met dans rassemblée, on peut regarder comme sûr que notre sage et faible Parlement s*y joindra. On en doit jug^r par la conduite qu*il vient de tenir dans une affaire qui le regarde seul ; alors la licence, Taudace et la désobéissance gagneront tous les esprits de cette province et il n*y aura plus d'autre remède que la présence du monarque. Si M. le contrôleur général pouvait en faire prendre la résolution à notre digne maître au premier mouvement de fermentation, tous les genoux fléchiraient... Je suis sur lés lieux et à portée de connaître les esprits. J*ose vous assurer, Monsieur, qu'il y a encore les deux tiers des Bretons qui croient fermement que le roi n'est point instruit, que la fixation du Parlement à soixante charges est un épouvantail qui n^aura pas de tenue ; que la détention des cinq magistrats et Texil des deux gentilshommes n^est qu'une feinte pour faire passer les demandes bursales... On doit juger d'après cela la nécessité indispensable de la plus grande fermeté'. »
P^ontette partageait cet avis : « Je vous dis, mon cher La iNoue, que tout ceci finira par loger l'iiomme h l^icrrc-Encize pour le reste de ses jours. N^attendez plus justice et fermeté de vos magistrats bretons et encore moins des autres Parlements... 11 n'y a qu'à connaître les hommes bretons pour savoir que plus une affaire avec la cour fermente, moins celle-ci trouve de partisans. Le faux zèle de patriotisme échauffe les tfttes et on deviendrait plutôt complice que juge