‹ Le pouvoir absolu et l'esprit provincial (volume 2)Chapitre 161 sur 190 · Arch. min. juil. Barrin à d'Aignillon, 1" teptombra · texte numérisé non relu

Arch. min. juil. Barrin à d'Aignillon, 1" teptombra

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son prisonnier, <« car on prétend qu^il sait tout ce qui se passe par des moyens sÎQguliers et fort difficiles h deviner... Nous continuerons à le resserrer de façon qu'il ne parviendra rien > ... » Pourtant il lui parvint quelque chose et Barrin raconte Tincident avec un. dépit comique : « J'ai do bien mauvaises nouvelles à vous apprendre, monsieur le duc, et dont je suis vivement touché. Tous nos soins ont échoué contre Tadrcssc de M. de la Chalotais a tromper les surveillants : il a des plumes, du papier, et il en fait Tusage qu'on connaît por son premier Mémoire. Ce n'est pas tout; on a trouvé moyen de l'informer de ce qui s'est passé ici et il en sait peut-être autant que nous sur son affaire.

a M, Bonnet a découvert un mémoire écrit tout entier de sa main dans le fond d'un pot h tabaCi qu'il envoyait à ses parents pour faire changer le tabac. Ce mémoire me fut apporté, je le pris et Pis remettre le pot h tabac tel qu'il était pour (Hre envoyé a Thôtel de Caradeuc. Quelques heures après, on en rapporta le même pot, au fond duquel on avait mis la requête présentée le 11 août dernier par M''"" de la Chalotais au nom de tous les prisonniers.

1. Arrh. min. juil. Barrin h d'Aiguillon, 8 août, 1*' sept 1766. Il cil certoin qiio la correipondanoe ou moyen de billets cachés iiu fond de pots de beurre et do pots do tabac fut fréquemmaat cmploy<^ par la famille do La Cholotaii. Cette ruio réussit attea longtemps. Voici un billet qui fut saisi au fond d'un pot da l»curre envoyé aux Cordeliers : • Point de nouvelles, mon char popa. Le Mémoire de Colonne le rend très Impopulaire... Tous les vôtres se portent aussi bien que leur cruelle situation le permet. Votre Mémoire imprimé fait grand bruit & Paria. » (Arrh. min. justice.)

« Plusieurs jours après, on a encore trouvé dans une bouteille de bière une petite fiole rem* plie d'encre et plusieurs plumes toutes taillées. Ces découvertes seraient heureuses si Ton était sûr que rien n'a passé jusque-là et si le mémoire ne prouvait pas qu'il y a eu une correspondance établie, dont notre prisonnier peut avoir déjà fait un terrible usage ^

« Cette pièce est beaucoup plus méchante que le premier Mémoire contre les personnes qu'il y a déjà maltraitées et contre lesquelles il vomit des horreurs. Elle est plus dangereuse en ce qu'elle déclame avec la plus grande force contre l'obéissance du militaire, et serait capable, si elle était publique, de faire impression sur des hommes dont la façon de penser no serait pas bien assurée... Je suis au désespoir do cet événement, à cause de l'incertitude où je suis si ce mémoire a été précédé de quelqu^autre... Nous redoublons d'attention... Personne no sait ici ce que nous avons découvert, et je souhaite qu'il en soit encore ainsi longtemps^. »

« Cette pièce est diabolique, écrit Barrin à Fontotte, le premier Mémoire est une dragée en comparaison. 11 attaque et déchire plus vivement que jamais les mêmes personnes à qui il en voulait dans le premier, telles que Saint-Flo«

1. 11 est cerUio, en effet, que Le Ghelolaie dol wm eenrir de mojent tecrete poar écrire ton Mémoire, eer o« se l«l dottseil de pépier, des plamee et de l'encre qve ear en demande; Tefleler restait présent pendent qu'il écrireit et lui reprennil le lo«l quend il ovait fini. (Corr, Font,, p. 171.)

S. Arrh. min. justice. Berrin à d'Aiguillon, ft oetobrii ITtS. Toutes CCS lettres sont autograpbee et sifséet : Bmrrim,

Il »•

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rentin, d'Aiguillon et FlesscUes. Vous y êtes pour quelque chose, quant à la dureté du traitoment, et moi un peu; Audouard cruellement ^ »

M. de Barrin envoya le Mémoire à Paris et en adressa ui\e copie au duc d'Aiguillon. Il aurait bien voulu garder le secret. Mais il en fut de ce secret comme de beaucoup d'autres : il le confia à FlesscUes, qui le confia à Audouard, qui le confia à d^Amilly. Celui-ci était fort curieux de savoir ce que La Clialotais pouvait dire de lui.

Chose plus fiurprenante, quinze jours après, l'existence du Mémoire était connue de la famille du prisonnier. M*"* de Caradeuc et M*"* de la Fruglaye en avaient été informées de Paris; elles allèrent trouver M- de Barrin et lui demandèrent si le fait était vrai. Après avoir nié effrontément, il fut obligé d'en convenir. Elles l'interrogèrent alors sur ce qu'il contenait. Il répondit qu'il lui avait paru « plus fort en invectives qu'en raisons. » Elles le prièrent d'avoir quelques égards pour son prisonnier. — Quels égards puis-je avoir, ropliqua-t-il, après avoir découvert sur les feuilles blanches d'un livre des caractères écrits à l'encre sympathique, qui sont apparus quand on a mouillé le papier^.

Les parents de M. do la Clialotais s'inquiétèrent cependant de l'effet produit par ce Mémoire dont ils redoutaient peut-être la vivacité, et ils s'adressèrent au conseiller d'Etat Gilbert des Voisins : « Nous vous supplions, monsieur, de vouloir bien prendre connaissance d'un Mémoire

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