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malgré la déposition de sept experts et de sept autres encore après, on croira toujours le contraire de ce qui est, jusqu*à ce que le dénouement ait découvert la vérité, eu déliant la langue de ceux qui la savaient et craignaient de la dire'. »
Barrin avait d'ailleurs un motif personnel d'être favorable à l'évocation : il désirait ardemment être débarrassé de son prisonnier. Chose étrange ! c'était le prisonnier qui faisait peur au gardien! La Chalotais ne s'avisa-t-il pas un jour de menacer le lieutenant Bonnet de l'autorité du Parlement contre les militaires qui se prêteraient à exécuter les volontés des ministres sur sa personne, lui laissant entendre que ce temps était plus prochain qu'il ne le pensait*.
Et puis le général de Barrin était un peu honteux du métier qu'il faisait; il exhale ses plaintes dans les lettres qu'il adresse à son ami Fontette, qu'il appelle plaisamment « monsieur le général des prisonniers. » « Je voudrais bien vous annoncer que vous serez, ainsi que moi, bientôt dégénéralisé... Ceci devient bien excédant. J'en ai par dessus la tête, et je vous juge cent pieds plus à fond. » Et il conclut : « La vilaine ffuerre que nous faisons là! » Il n'y avait rien de bien glorieux, en effet, pour des officiers généraux qui avaient fait de nombreuses campagnes, à passer leur temps à fouiller des pots de beurre et des pots de tabac.
Tout le monde attendait une solution. Les
1. Arch. du min. de U jutt. Barrin à d'Aiguillon, 10 oct. 1766. S. Arch. du min. de U jutt. Barrin à d'Aifvillon, 11 oci. 1766. Il U
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alTaircs étaient suspendues. Le Parlement se traînait dans une inaction presque complète.
Souvent aux audiences il ne paraissait ni un avocat ni un procureur. Bien que la Cour n*eùt pas pris de vacances, la séance do rentrée eut lieu selon Tusage le 12 novembre. Il y avait peu de juges et encore moins d'avocats.
« Je fis mercredi Touverture du Parlement, écrit l'avocat général Le Prestre, par le discours que vous savez et dont je me tirai mieux qu'à un souper certain soir... Je vous manderai l'ordinaire prochain des nouvelles sûres pour le procès criminel et pour les Etats... Le Conseil s'est ciïectivement tenu, il a duré trois heures, mais rien n'a transpiré... Rien de nouveau par la poste de ce jour; le secret qu'on dit que le roi a ordonné a été bien gardé '... »
On le voit, l'anxiété était grande partout; il était urgent qu'une décision intervint.
Une commission avait été nommée pour examiner les pièces de la procédure envoyées à Paris en vertu de l'arrêt du 13 septembre 1766 ; elle fit son rapport le 13 novembre au comité particulier. On annonça que le roi prendrait une décision à la séance du samedi 15 novembre.
En somme, deux solutions paraissaient possibles : si le roi évoquait le procès à son