Procii imiruit, III
dans Testampe des Ifs; » M. Tabbé de Marbeuf, parce qu'il était ecclésiastique et ami de M. de la Chalotais. Le conseiller d*Etat Gilbert dos Voisins combattit vivement ces récusations, dont aucune ne fut admise.
M. Esmangart demande au Conseil d'ordonner diverses mesures ayant pour but de mettre Taiïaire en état : 1 apport des procédures, la confirmation des décrets de prise de corps, rinterrogatoire des accusés. Arrêt conforme est aussitôt rendu. A ce moment, quatorze personnes étaient impliquées dans raiïaire : huit étaient m en état de décret, de prise de corpë^ » c'est-à-dire détenues : MM. de la Chalotais, de Caradeuc, de la GAcherie, de Montreuil, de la Colinière, de Kersalaûn, de Reynes et Bouquerel furent amenés à la Bastille. Six autres inculpés étaient assignés, c'est-à-dire prévenus libres : MM. du Poulpry, de Begasson, de la Bellangerais, du Bourblanc, Périgault et Rolland. Ils reçurent l'ordre de se rendre immédiatement à Paris'.
On fit même lever les scellés du cabinet de M. de la Chalotais et procéder à une nouvelle perquisition dans ses papiers, dans le but d'y découvrir quelque nouveau sujet d'inculpation. Mais on ne trouva rjen^.
1. « Il noui orriTo «Tant-hier, dit Borrin, an homme qai ett chargé de la condaite de Bouquerel. Il ett parti hier toir (9 décembre 1766) arec «on fou. » (Corrtêp, Fomtettt, p. S9S.) — M. Carré écrit : « Noui ne pooTont dire quel était ce M. RollMid. • (Co^resp. Fomtette, p. 300, note 1.) C'éUit éTidemmeat le greffier de If . de la Gécherie, déjà lonf^ement mêlé à eette affaire.
3. M. de Saint-Florentin avait eu la maladreste d'envoyer d'aTince le cachet de M. de la Chalotait à l'intendanl. Le che- Talier de la Chalotait, prêtent à l'opération, snt bien remnrqn«r
446 LE DUC d\iguillon et la ghalotais
A ce moment SainUFlorentin espérait encore que le Conseil prononcerait une condamnation. Cependant il était visible qu'une certaine détente se produisait. M. et M™* de la Fruglaye, M"** de Caradeuc furent autorisés à venir à Paris, M"* de la Chalotais eut la permibsion de sortir de la Visitation, a pour faire les sollicitations qu'elle croira convenables ^ »
M. do la Fruglaye raconte ces démarches en termes attachants : « Nous trouvAmes, dit-il, M""* de la Chalotais dans le dernier degré du marasme; nous nous logeâmes avec elle dans le couvent de Sainte-Thècle, rue de Yaugirard..., nous y étions très mal logés... M. de Boissard, mon beau-frère, et le chevalier de la Chalotais vinrent nous y rejoindre. M"* de la Chalotais nous donna les noms des différentes personnes haut placées qui s'étaient prononcées en notre faveur, et surtout d'un conseil de huit avocats très célèbres qui s'étaient dévoués à nous servir et à diriger nos démarches judiciaires.
« Nous demand&mes à voir nos parents à la Bastille. On nous le permit. M. de Sartines se montra bien disposé.
« Nous passions, M"** de Caradeuc et moi, les jours entiers en carrosse, faisant des visites à toutes les personnes dont nous désirions nous
que M. de Flettellet, ayant le cachet, pouvait avoir levé les acelMa et les avoir remit avant de le lui représenter. • La remarqua était juste et cela s'appelle encore des mesures mal prises, avova Borrin, dont les partisons feront usoge, s'ils le veulent, pour dira qu'un a pu détourner ou substituer des papiers. » {Çorrtêp, Fom^ tctte, p. 2U9, 3 décembre 1766.)
1. Arch. Not. 01 462. Saint- Florentin & la supérieure da la Visitation, 25 novembre 1766.
faire connaître, soit pour leur rendre grâce de rintérét qu^elles prenaient à notre cause, soit pour leur en inspirer. M"* de Caradeuc, femme d*un. esprit médiocre, mais animée de la plus grande tendresse pour son mari, avait dans le maintien beaucoup de noblesse; sa figure, qui était agréable, était d'autant plus intéressante qu'elle portait l'expression de la plus touchante et profonde aflliction, s'exprimant d'ailleurs très bien. Dans toutes nos visites elle commençait par parler sentiment; je finissais par parler affaires et par répondre aux questions qu'on nous faisait, en raison du degré d'intérêt qu'elle avait inspiré. Nous allions parfaitement ensemble, elle avait en moi beaucoup de confiance... Nous parvînmes ainsi à exciter l'intérêt public.
ff La comte de Jumilhac, gouverneur de la Bastille, avait pour les prisonniers des marques d'intérêt; quand nous les vîmes, il devait être présent a notre entretien, mais il ne nous gênait pas, et M. de la Chalotais lui dit : « Monsieur le comte, je n'ai rien à dire à mes enfants que je ne dise volontiers devant vous et devant tout homme honnête. Je ne redoute que les intrigants et les fripons. » Les prisonniers furent traités avec égard, et on eut pour eux les procédés que rhumanité commande envers les détenus. C'est qu'ils n'étaient plus comme au château du Taureau, à Saint-Malo et à Rennes sous la main des geôliers aux ordres de M. d'Aiguillon*. »
Les parents des autres magistrats reçurent également Tautorisation de venir à Paris.