Corregpondance Le Preilre, 26 décembre
2. Cormponiiamce Fonietle^ p. 331i. La Moue à FonleUe, 11 fé- Trier 1767.
3. L'n Nomme d'aitirefois, louveniri recueillit par ion arrièrepelit-fils, le morquis Costa de Beauregard, de rAcadémie Française, p. 25.
Il 20*
pages. Les magistrats de Bretagne auraient pu, aussi eux, s*attribuer le mot de Joseph de Maistre, qui sert d'épigraphe à cet ouvrage : « L'honneur et la raison sont à nous, le reste n'en dépend pas. »
L'extinction des poursuites, suivie de la condamnation à l'exil, fut un expédient et un expédient maladroit. Les défenseurs du duc d'Aigri- Ion eux-mêmes sont obligés d'en convenir. « La suppression de la procédure fut surtout l'expédient d-'un pouvoir qui ne savait plus comment sortir d'un procès politique, et qui cependant en voulait à tout prix sortir. La relégation de M. de la Chalotais fut aussi un expédient. Il fut suggéré par la politique, car la pure justice ne l'eût pas conseillé 1. » — « Tel fut l'expédient, ou trop indulgent ou trop rigoureux, auquel le faible Louis XV crut pouvoir recourir pour se débarrasser enfin d'une affaire gauchement entreprise, gauchement conduite. Il se trompait :
cette fausse démarche, ajoutée à tant d'autres, ne devait pas lui rendre cette tranquillité au-delà de laquelle il n'élevait pas son ambition ^. »
Ces aveux sont significatifs, ils nous suffisent. Ne justifient-ils pas l'opposition, qui allait prendre pour thème de ses réclamations incessantes le dilemme que nous venons de citer : si La Chalotais est coupable, pourquoi ne pas le juger; s'il est innocent, pourquoi le punir? En somme, rien n'avait pu empêcher le pouvoir d'aboutir à cet « avortemcnt honteux » que redoutait le duc
1. 11. Carré, La Chaloiait et le duc d'Aiguillom, introd. p. 76.