Arch. Nfit, H. G08. Rnpport du 22 seplembre
2. Arch. Nnt., H. 437. Flessellei à Laverdy, 25 teptetnbro 1765. S. Procès insiruit. II, 451. Interrogatoire de Cherrtte de la
Colinière. Celtii-ri habitait rhox 9on oncin, ChareUe de In GAcherie, dans son hôtri, plorc du Palnia, et c'eut ainsi que l'on n pu dire que récrit avait é\é r<migc chex ce dernier.
4. Procèi inêlruil. II, 87, 129. Interrogatoire. — Naturelleneni, M. Marion dit qu' « il n'est pas douteux que La GAcherie, melgré «es dénégations, oit pris une port fort active à la
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Je ne vois pas pourquoi on ajouterait plus de créance aux suppositions et insinuations de Tintendant et de ses espions qu'aux affirmations catégoriques de La Chalolais et du conseiller Charette de la Colinierc.
Pendant les mois de septembre et d'octobre 1765, les agents de l'intendance continuèrent à informer le commandant et les ministres de tout ce qui se passait à Rennes. Rien n'échappait à leurs investigations policières; les moindres démarches sont signalées, les faits les plus simples sont dénoncés et travestis; les magistrats et surtout les procureurs généraux sont entourés d'espions, tous leurs actes, tous leurs mouvements sont surveillés. Mais, comme il arrive souvent, les informateurs prennent au sérieux des commérages d'antichambre et de concierge et les transmettent gravement à Paris. Là, leurs rapports sont lus avec attention, commentés avec malveillance et exercent peu à peu sur l'esprit des gouvernants une influence décisive. Ils seront la cause déterminante des mesures qui seront bientôt prises.
Vn jour, Ilaudin signale une sorte d'engagement collectif pris par soixante-trois magistrats démis, réunis en cour plénière au Thabor, et par lequel ils se sont promis de ne rentrer au
rédaction de la Lettre, niiiKÎ que M. do la Cholotoig et les autres chefs du parti. » (La Ihetagne, p. 3'i5.) Puur lui, lo parolo de riuleudont sculo fuit fui.
Palais que tous ensemble et d'exclure à jamais les Ifs. Ils songèrent môme un moment a se cotiser pour racheter ces douze charges, mais ne réunirent pas les G00,000 livres nécessaires. « Voilà un arrêté qui sent la révolte, » déclare Raudin^
Jousselin est revenu à Rennes, il assure que tout sera bientôt pacifié à la satisfaction des magistrats, aussi les démettants affectent Tair triomphant et les meilleurs serviteurs du roi commencent a s'abandonner au découragement^.
Quelques jours après, M. de la Gûcherie reçoit de Paris une lettre de Tabbé de la Roussière. On apprend qu'il lui dit au contraire : « On sait ici tout ce que vous faites, tout ce que vous dites, aucune de vos démarches n'est ignorée, le roi est fort mécontent des démissions et il est indigné contre vous personnellement; je vous conseille d'aller trouver l'intendant et de lui persuader qu*on vous accuse à tort ; elTorcez-vous surtout de faire le mieux que vous pourrez aux douze non démettants 3. » M. de Saint-Florentin ne parlait de rien moins que de faire arrêter l'abbé. C'était bien mal reconnaître ses paroles de conciliation.
Caradeuc de Kcranroy se joignait aux agents du pouvoir pour dénoncer son frère, « qui no cesse de vouloir faire du mal a toute sa famille, »
1. Arch. Nat., H. 436. Ropporl du 30 août, et U. 437. Rapport do 15 septembre 17G5. Ces ropports sont réunis dons une liasse qui porte encore pour titre : BuiUiin de M. «t'AiguHloti,
1 Arch. Net., H. 608. Rapport du 4 septembre 1765. — La YÎHe n'est pas habiloble pour quiconque n'a pos pensé de tout temps comme le grand nombre. (Coniac h d'Aiguillon, 4 septembre 1765. Arch. Min. Justice. Dossiers d'Aiguillon.)
S. Arch. Not, II. 437. Bulletin de Rennes du 6 septembre 1765.
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et pour donner sur les mngislrals les appréciations les plus malveillantes; il énumëro dans un long mémoire les fautes qu'ils ont commises et il n'en compte pas moins de quatre-vingt-dix; ce réquisitoire, malgré le peu d'autorité de son auteur, dut être utile aux ministres*.
Du reste, les accusations contre La Chalotais ^ multiplient, se répètent et reviennent comme un refrain dans ces rapports ; c'est chez lui que se tiennent les conciliabules, c'est lui qui excite les meneurs. On va jusqu'à lancer contre lui cette imputation odieuse d'avoir tenté de faire hausser le prix du pain afin de provoquer une émeute-.
Les agents de l'intendance ne cachent pas leur désir intime : « Le seul parti à prendre est : 1** la suppression totale du Parlement; 2" la création d'un autre deux jours après; le roi le composerait comme il voudrait et ne ferait aucune injustice en ne rétablissant pas des gens qui se sont démis librement.
« 11 faudrait se débarrasser des procureurs généraux, de du Parc Porée, et les remplacer par des gens aussi dévoués au service du roi qu'ils y sont contraires ; de du Pargo, de Moëlien, de Guer fils, de La Villebouquais fils, qui sont d'une incapacité notoire et en même temps les auteurs et promoteurs de tout le mal. Le premier président donne des gages aux deux partis ; on pourrait garder les présidents de Cucé et de Montbourcher. Le premier est bien faible et n'ose pas parler ; il se porte toujours bien quand il
1. Arch. Nai.. H. 436 et 437. Keronroy à Laverdy, 20 ooùt, 28 sepUmbre 1765.
2. Arch. Not., H. 437. Flessellet k LftTerdy» 25 teptembrtndS.
n'y a ni ordre du roi à exécuter ni arrêté du Parlement à consentir ; il annonce déjà que sa goutte le cherche ; très certainement elle no paraîtra pas s'il n'y a aucun ordre du roi^ mais s'il en vient, il aura une attaque, à moins qu'on ne le prévienne très positivement que le roi n'acceptera pas cette excuse. Montbourcher a parlé quelquefois vigoureusement pour le bien et a fini par un changement subit qui a entraîné par son exemple, ses discours, ses sollicitations un grand nombre de démissions*. »
On assurait qu'une vingtaine de démettants, fatigués d'attendre, avaient écrit à Paris pour offrir et même demander de reprendre leurs charges quand et comme il plairait au roi. Si parmi eux, écrit Raudin, il ne s'en trouve aucun de ceux que leur conduite et leur incapacité totale en rendent indignes, le Parlement sera composé de 32 magistrats (avec les non démis). C'est le nombre de la première création et beaucoup plus qu'il n'y en a à la fois à Rennes^.
Le gouvernement n'était que trop disposé à céder aux conseils de ses agents qui jouaient le rôle de tentateurs. S'il pouvait se débarras- *ser de ces magistrats si gênants, si entêtés! Pour cela il fallait éloigner les meneurs. Les prétextes ne manquaient pas : ses informateurs lui en fournissaient abondamment.
1. Arch. Nat., H. 436 el 437. DuUetint de Rennes des 30 août et 8 septembre 1765. — « M. de Rosily, un des doute, vient de mourir dons son château du Ileron d'une révolution d'humeurs; on ne manque pos de débiter que c'est de chogrin. M. de la Musse écrit ici de Nantes que son propre frère, qui est, je crois, militaire, lui refuse le salut. » (Bulletin, 8 septembre 1765.)
S. Arch. Nat., U. 437. Bulletin de Rennes du 11 octobre 1765. II S
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On reprochait d'abord aux magistrats de s'absenter de Rennes. La Chaiotais était souvent à Vern. Saint-Florentin blâma vivement d*Âmilly de son défaut de surveillance. Celui-ci répond d*un ton piteux qu'il ne peut pas les passer en revue, a Ils sont plus de soixante, ils peuvent sortir de la ville sans que je le sache, car vous comprenez bien que je ne les vois pas tous les jours. Il y en a parmi eux que je n'ai pas vus depuis le jour des démissions. 11 y aurait de la témérité à moi à assurer qu'ils sont tous à Rennes, mais, en vérité, je crois qu'il n'en manque aucun >. » Autre dénonciation plus grave. On signale la présence a Rennes de M. de Kerguézec; il s'y est rencontré avec M. de Pire. Tous deux ont eu des entrevues avec les La Chaiotais. « Si on laisse l'un ou l'autre de ceux-ci, on aura perdu tout le fruit des précautions prises pour le bien. Le fils est plus emporté, plus violent et plus injuste que le père et il n'en diffère que parce qu'il n'a ni esprit, ni étude, ni connaissance de son état. Chaque jour, chez lui, se passent des faits particuliers qui font trembler les honnêtes gens. (??) MM. de la Gâcherie et de Kerguézec, l'un chef de la ligue aux Etats, l'autre au Parlement, ont souvent ensemble des conférences en tête à tète. Ni les uns ni les autres ne mettent jamais le pied à l'intendance. Un simple gentilhomme, sans fortune, sans services, sans mérite, sans crédit, se croit assez fort pour soutenir un parti qui manque au roi ^. »