‹ Le pouvoir absolu et l'esprit provincial (volume 2)Chapitre 24 sur 190 · Arch. de U Mo|fnane. D'Amilly à Saint-Florentin · texte numérisé non relu

Arch. de U Mo|fnane. D'Amilly à Saint-Florentin

2. Arch. Net.. U. 437. Bulletin de Rennes des 6, 9 et 11 octobre

Ces dénonciations vagues et perfides allaient recevoir une première sanction.

Le 9 octobre 1765, M. de Kerguézec était exilé à Civray, en Poitou. Saint-Florentin prescrivit à M. de la Bourdonnaye de Blossac, intendant à Poitiers, « de prendre les mesures les plus promptes et les plus exactes pour le surveiller, savoir ses relations et les démarches qu'il pourra faire au dehors et au dedans. » M. de Blossac, peu flatté de remplir cette mission à Tégard d'un compatriote, s'excusa, et M. de Kerguézec fut transféré à Yic-le-Comte, en Limousin ^ »

Nous connaissons aujourd'hui les prétextes de cet ordre rigoureux. Ils étaient sans doute bien peu sérieux, puisque les contemporains n'arrivèrent pas à les découvrir. « J'en ai été surpris, dit d'Amilly, je n'ai rien entendu dire à Kerguézec qui pût déplaire h la cour, môme au contraire. Mais je ne l'ai pas toujours vu et nous sommes furieusement épiés ^. » On ignore le motif de cet exil, écrit Le Prestre. On assure qu'il a cabale tant en Basse-Bretagne qu'ici.

1. Arch. Nat., G* 461. Saint-Florenlin à La Bourdonnaye de Blostac, 6 et 21 octobre 1765. — Journal dtê Eyèmemenis, p. M.

« Kerg^éiec a poru très mortifié, dit Raudin, ton courage ordinaire lui n totalement monqué, on assure même qu'il a beaucoup pleuré... Il est ollé prendre congé du premier président; il a trouvé MM. de Robien et de Montluc. Le premier lui a offert sa cbaise (de poste), il o répondu qu'il lui conseillait de la garder, car peut-être en auroit-il besoin lui-même pour pareille circonstance. Le président de Montluc lui a offert sa bourse. Kerguésec a remerrié et affirmé n'en avoir pas besoin. » (Arcb. Nat., H. 437, 11 octobre 1765.)

S. Arcb. du cbéteau de la Magnane. D'Amilly à Montbourcher, 10 octobre 1765.

76 LE DUC d'aiguillon et la ciialotais

et on Taccuse d'avoir entretenu un feu qu'on voulait éteindre '.

Huit jours après, M. de Pire reçoit à son tour un ordre d'exil ; il est interné à Brives-la-Gaillarde. « Cette nouvelle fait faire bien des réflexions et a occasionné bien des mouvements aux démettants. Toute la ville s'est présentée à la porte de M. de Pire en témoignage de sympathie. Cette fois encore on ignore le motif de la mesure prise-. »

Un jour, une troupe de comédiens, de passage à Rennes, veut adresser, à la veille de son départ, ses remerciements aux Rennais. Le compliment contenait quelques traits assez piquants contre le ministère. « Les démettants qui étaient au thé&tre y applaudirent^ et particulièrement MM. de la Ciialotais père et fils avec tant d'alTectation qu'on imagina qu'ils en étaient les auteurs. On dit aussi que c'est M. du Bourblanc, jeune conseiller qui s'est toujours distingué dans les mauvaises afl'aires. Le voilà orateur de comédie. C'est un beau rôle pour un gentilhomme et pour un magistrat. »

Quelle légèreté dans les imputations! Le fait lui-même est-il exact? C'est douteux, car La Chalolais déclara fornielleinent plus tard n'avoir assisté à aucune assemblée de quelque espèce que ce fût et n'avoir mis les pieds dans aucun lieu public ^.

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