Arcb. Nnt., H. k\0. Bulletin de Rennes du SO nov
S. Correspondance Le Prestre, 18 novembre 17M.
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de M. de la Chalotais^ loin d'exciter la fermentation que Ton pouvait attendre d'un homme qui paraissait disposer ici de tous les sentiments et de toutes les opinions^ a excité, même dans sa compagnie, des sentiments absolument opposés, II est bien rare aussi que les liens que les intrigues forment soient des liens d'amitié qui partent du cœur : en rompant Tintrigue, on rompt l'acte d'union K »
C'était l'avis de l'intendance. « On parait en général assez déterminé à abandonner les deux
1. Arcb. du min. de la justice, Coniac à d'Ai|fuiUoD, SO no- Tembre 1765.
Ezprimoni la même idée, H. Mariôn écrit : • La perte des procureurs généraux était passionnément désirée par ce ^proope d'ennemis extrêmement ardents qu'ils s'étaient faits en Bretagne. » (p. 347.) Et il cite l'abbé de Saint-Aubin (Charles de Vendômois, abbé commendataire de Saint-Aubin-des-Bois), prêtre étranger; Le Minibj, qui était le procureur du duc d'AiguUlon, et un commissaire garde-côtes de Landerneau (?) nommé Las- ' nier. L'énumérotion est courte et peu probante. M. Marion aurait pu j joindre Bf. de Coniac, dont la lettre ci-dessous montre la violente inimitié contre La Cbalotais et en explique les motifs tout personnels : « Je suis intimement convaincu que le Compte rendu n'est pas de lui, qu'il n'a prêté que son nom, je voudrais que dans l'inventaire de ses papiers on trouvât quelque preuve de l'envoi qui lui a été fait. Certainement le Ptmn d'édu" cation et cet ouvroge ne sont pas do lo même plume... (Appréciation tout U foit erronée.) Le mépris public est la plut cruelle vengeance que je lui désire pour tout le mal qu'il m'a voulu et qu'il o cherché k mémoire et pour toutes les persécutions que j'éprouve depuis deux ons ?... s
Coniac désirait fort que les procureurs généraux fussent panis, mais il ne voulait point se mêler de cette affaire : • J'aurai l'honneur de vous instruire exactement de tout ce qui se passera ici, écrit-il au duc d'Aiguillon, et j'espère que vous voudres bien me protéger de manière que je ne joue aucun rôle dans toute cette affaire... Quoique je n'aime point les punitions, je crois que dans cette circonstance elles deviennent de la plus absolue nécessité. » (Arch. min. justice. Coniac à d'Aiguillon, 20, S3 nov.» 20 déc. 176&.)
procureurs généraux, car on ne les aime pas et on ne s*en cache point... i>
fc En général, le Parlement n'est pas f&ché d'être défait des derniers enlevés. 11 parait surtout content d'être délivré des deux procureurs généraux, du sort desquels on s'embarrasse fort peu. Chaque jour développe la satisfaction du peuple sur le même objet, et ceux qui se taisent encore ne sont retenus que par la crainte de les voir revenir un jour en place et en état de se venger... Il serait fâcheux que le roi rétablit le père et le (ils. On jouit ici de la satisfaction d'espérer qu'après avoir été enfermés, ils ne seront plus procureurs généraux. Dans aucun état personne ne les regrette. On semble même applaudir déjà à leur punition. On s'en apercevra davantage dans la suite... »
« On parait ici tout consolé de l'emprisonnement des cinq Messieurs, et fort peu inquiet de leur sort, quoi qu'il doive êt^e... On ne s'inquiète que de savoir s'il y aura bientôt un autre Parlement qui rende la justice et tire la faim du corps d'un grand nombre d'avocats et de procureurs qui périssent avec leurs familles, faute de travail et de salaire*. »
C'était là l'opinion des partisans du pouvoir ou, si Ton veut, des fonctionnaires; mais l'opinion des fonctionnaires est rarement celle du public ; nous en avons encore ici la preuve. L'incontestable popularité que s'acquirent les prisonniers serait dc\jà en contradiction formelle avec
1. Arcb. Nat.. H. 437, 440. Buneiin de Rennes det 1S, 15 et SO novembre 1765.
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les appréciations des agents de d'Aiguillon. Mais nous avons des témoignages précis. <c A Rennes, la consternation était générale^ dit M. do la Fru- , glaye. Le public faisait mille conjectures sur le motif des arrestations. M. d'Aiguillon y avait un parti semant une foule de faux bruits qui ne tardaient pas à être démentis par la partie saine et honnête de ce même public. J'eus la satisfaction de constater qu'aucune imputation grave ou légère ne s'était maintenue contre l'examen du public ^ » Et M. do Coniac, qui n'est pas suspect, no disait-il pas lui-même : « Los accusés ont une considération qui semble détruire l'accusation*. » D'autre part, les parents dos prisonniers no restaient pas inactifs; mus par un sentiment aussi honorable que légitime, ils commençaient en leur faveur cette campagne infatigable qu'aucun échec ne rebuta et qui devait durer plusieurs années. M"* do la Chalotais partit pour Paris aHn do demander jusitice : elle adressa une supplique touchante à M. de Saint-F'lorontin, qui répondit assez durement^ : « Toutes les démarches que vous avez faites en faveur do votre père et de votre frère ne leur auraient été d'aucune utilité. Le roi jugeant à propos de leur faire faire leur procès, a renvoyé l'instruction et le jugement devant MM. les commissaires tenant le Parle-