‹ Le pouvoir absolu et l'esprit provincial (volume 2)Chapitre 36 sur 190 · Le Prestre appelait toujours ta femme ainsi · texte numérisé non relu

Le Prestre appelait toujours ta femme ainsi

130 LE DUC D*AlGUILL03f ET LA CHALOTAI8

Aussitdi que j*aurai ma liberté, je me sauverai à Châteaugiron'. »

Il ne se faisait pas d'illusions sur sa situation : « Les divisions qui régnent depuis près de quatorze ans entre MM. de Caradeuc et moi, écrivait-il au duc d*AiguiIIon, n'ont fait que trop d*éclat, leurs procédés- ne sont ignorés de personne. De quel vernis ne me couvrirais-je pas dans la province en concourant à une instruction si dangereuse et dont les suites ne pourraient être que funestes pour moi ? Je vous prie de m'éviter un pareil malheur, qui me forcerait de m'expatrier d'une province où je ne pourrais plus vivre. Je prévois les propos qui courraient sur mon compte et qui me rendraient à jamais odieux^. »

Les ministres eurent pitié de ces terreurs et ils déchargèrent Le Prestre de la tâche qu'il redoutait. 11 en témoigna^une joie expansive et leur adressa ainsi qu'à d'Aiguillon des déclarations d'une reconnaissance presque naïve'. Il s'empressa d'ailleurs de quitter la ville.

Mais les commissaires virent d'un fort mauvais œil cet abandon, qui frappait de discrédit leur mission. Ils s'en plaignirent amèrement dans des remontrances adressées au roi, où ils reconnaissent eux-mêmes leur situation fausse et leur

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