‹ Le pouvoir absolu et l'esprit provincial (volume 2)Chapitre 49 sur 190 · Commentaire de la Litie imprimée de NN, SS. du ParUmeni · texte numérisé non relu

Commentaire de la Litie imprimée de NN, SS. du ParUmeni

par condescendance. J'étais très éloigné d'ici lorsque le roi s'est décidé à réduire le Parlement à soixante membres. Je n'ai eu aucune part à cet arrangement, pas plus qu'à ceux qui ont suivi. Mais j'estime qu'il est nécessaire de purger la compagnie de quelques brouillons et fanatiques qui y mettent le trouble et la déshonorent en lui faisant sacrifier ses devoirs envers Dieu, le roi et ses compatriotes.

« J'ai fait au roi des représentations sur la Commission représentative et sur l'anéantissement du Parlement. J'ai été écouté... 11 faut essayer de rétablir le Parlement... Il faudra que douze des membres les plus considérés acceptent de se joindre aux douze non démis. J'ai pensé que vous seriez le premier à accepter cette mission. J'ai ajouté les présidents à mortier, à l'exception de M. de Robicn, puis MM. de Brilhac, de Villeblanche, de la Viiiebouquais, de la Biochaye.

« Je no doute pas que vous n'acceptiez cette mission de confiance; vous n'avez jamais pu vous considérer comme ayant abandonné définitivement votre charge. Il s*agira d'assurer d'abord Texécution des volontés du roi. J'ai remis le projet d'édit sur ce sujet au président de Langle. Vous pouvez en conférer avec lui... Le Parlement étant rétabli avec vingt membres environ, il s'agira de l'augmenter au moyen des exilés de Rennes ; le roi est décidé à ne jamais souiïrir la rentrée des exilés à vingt lieues.

c Je vous demande le secret pour cette tentativet M. d'Amillv, dont la conduite n'a pas été approuvée du roi, ignore les différentes négociations que j'ai entamées pour parvenir à reconsti-

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tuer le Parlement. Ne lui en parlez donc pas. 11 est rempli des meilleures intentions, mais souvent indiscret, et quelquefois ses indiscrétions sont bien nuisibles *. »

Montbourchcr accepta de se prêter aux vues du commandant et envoya à celui-ci tout un plan de conduite. La correspondance continua sur les conditions h exiger des « rentrants. » A la (in, le duc écrit le 26 décembre :

<c 1® Le roi est résolu à maintenir le nombre des conseillers à soixante et à ne jamais admettre les exilés a plus de vingt lieues, parce qu'il les regarde comme les auteurs des troubles de la province; — 2® à faire lever les deux sous pour livre. Voilà les deux points qui sont irrévocablement décidés. Pour le reste, on est disposé à user de tous les ménagements a Tégard des rentrés^ à leur faciliter le retour. On demandera seulement qu'ils adhèrent en principe à ces deux condir tions.

« Je serai a Nantes le l*' janvier. Si Tédit est accepté par le Parlement, je suis autorisé à révoquer la Commission du Conseil. J'emporte les pièces nécessaires à cet effet. Le roi m'a dit que ma tète répondait de cette négociation. // aurait au fond préféré que la justice fonction" uât avec une Commission du Conseil que de risquer, en rétablissant le Parlement, d'exciter <le nouveaux troubles. Je compte donc sur vous, monsieur, pour assurer Tenregistrement pur et simple. J'écris dans le même sens à MM. de

1. Arcb. du chdt. de lo Mognane. D'Aiguillon h Monlbourcher, Fontainebleau, décembre 1765.

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de passer pour mauvais citoyen ? C'est le nom que Ton donne aux non démis, tandis que Ton prodigue aux autres celui de pères de la patrie, titre flatteur qu'on est bien jaloux de conserver. Est-il possible que le roi veuille absolument exiger que le premier acte de l'exercice de nos fonctions soit un arrêt qui nous rende odieux à la province et à nos confrèreë '. »

M. de Coniac exprime des craintes d*un ordre diiTérènt : « M. de Briliiac me mande qu'il a trouvé M. de la Villebouquais disposé à exécuter les ordres du roi, lorsqu'ils lui seront intimés dans la forme proposée... Il parait que Tun et l'autre désirent que le jugement des prisonniers ne leur soit point attribué. Leurs raisons se puisent dans la délicatesse de cette commission : un procès entre le roi accusateur ^ et leurs confrères accusés, la qualité des preuves qu'ils ignorent, la qualité des peines, si les preuves s'acquéraient; l'embarras des positions qu'ils prévoient si les prévenus ne sont point acquittés; la crainte de se compromettre dans la province, où les accusés ont une considération qui semble détruire l'accusation et présenter au public des juges portés par des vues particulières au jugement qui pourrait Aire i^endu; tous ces motifs les éloignent du jugement et ils paraissent vouloir se réunir à Topinion du public sur leurs confrères jusqu'au moment du jugement solennel qui tendra soit à les rendre ii leurs fonctions, soit à tout autre sort,

1. Arch. N'at., H. 437. La Bourbaniai* k d'Ai^mUon, 22 déc«j»bre 1765.

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comme des conspirateurs dangereux, avaient été contraintes, par lettres de cachet, de sortir de la ville de Rennes K

Le duc était porteur d'une lettre personnelle de Louis XV qui couvrait sa responsabilité :

« Soyez sûr, disait le roi, que je n'augmenterai jamais le nombre fixé par mes édits et qu'aucun des exilés à vingt lieues de Rennes ne sera admis dans ce Parlement. Toutes ces tracasseries parlementaires m'ennuient, je veux qu'elles finissent. Exécutez exactement tout ce qup je vous ai prescrit-. »

Fort de ces instructions précises, il commença ses démarches. La mission était délicate et les choix difficiles. On ne voulait pas s'exposer à des refus et l'on demandait aux magistrats, non seulement de consentir à rentrer, mais d'accepter les édits. Ce second point était beaucoup moins aisé.

Le duc multipliait les lettres et les avances. Il avait à Rennes plusieurs agents qui le secon-^ daient habilement, notamment M. de Balleroy, major général de l'infanterie, le sénéchal de Coniac^ et l'avocat Rourdelière. <c Balleroy a été, dans ces négociations parlementaires, mon principal agent, dit le duc, il a beaucoup d'esprit,

1. Journal dei Evèmementi, p. 51 ; Tableau chronologique ^ p. S.

2. Arcb. du min. de lo justice. LfOuis XV au duc d'AiguUloD, 28 décembre 1765.

3. YillebloDche écrit & Cunioc : « Permettez-moi de ne répondra ni oui ni non et de vou* lupplier de ne prendre pour moi aucuD cn|fQ|femcnt que je ne «ois plus instruit des intentions du roi et de mes anciens confrères. Mon plus grand désir est que mon honneur et ma réputation soient totalement & couvert, s (Arcb. du min. de la justice, 1*' décembre 1765.)

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(l'adresse et de zcie cl est extrêmement aimé dans cette province, où il est employé depuis huit ans *. »

Après avoir examiné la situation, d'Aiguillon crut pouvoir répondre du succès : il avisa le ministre qu'il allait convoquer le nouveau Parlement, car il voyait de graves inconvénients a attendre plus longtemps. Et pourtant à ce moment il n'avait fait sonder que vingt-trois magistrats, sur lesquels huit seulement étaient considérés comme sûrs; voici comment il les classait luimême :

Déterminés : MM. d'Amilly, de Langle, de la Bourbansais^ de la Breteséhe, de Brilhac, de Caradeuc de Keranroy, de la Villebouquais père, de Suint-Luc.

Douteux : MM. de Montbourcher, de Cucé, de Cornulicr, de Farcy de Cuillé, de ChAteaugiron, de Marnière de Guer, Desnos des Fossés, du Parc de Kcrivon, de Villeblanchc, de Coëtivy, de Fouchcr père, du Bois de la Musse, d'Armaillé et de Quchillac.

1. Lin^el s'élève contre ce mot d' « og^eni* » « On lappose, dit-il, une correspondance suivie entre M. le duc d'Aij^înon et ■es ngenii. Mois qu>ntend-on par le mot ogenl ? Sont-ce les subolternes qui ont exécuté les ordres ou les ministres qui les ont donnés? L'une et l'outre de ces sif^nificolions est obsurde. » Suit une lonj^ue démonstration de cette absurdité. Ce n'est pas la peine de s'indigner si vivement, car le duc écrit lui-même : « Le principol agent dont je me suis servi dons mes négociations parlementaires est M. le comte de Dalleroy... » (ObëervaUonê sur l'imprimé intitulé : Réponêe deê Etats «te Bretagne au Mémoire du due d'Aiguillon, p. 3'i0. — Arcb. Nat., H. 535. D'Aiguilloa à Laverdy, 20 février 1706. Autog.)

2. La Bourbonnais répugne beaucoup à rendra l'arrêt acceptant le^ 1 %n>\* pour livre h la première séance de rentrée. (Arcb. min. jusiice. La Bourbonsois ft d'Aiguillon, 18 et 31 déc. 1765.) 11 10

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a Les huit qui ont promis sont remplis (l'honneur et do probité et incapables d'aucune trigauderie {sic). Parmi les douteux^ cinq, MM. de Cpcé, do Cornulier, de Montbourcher, de Villeblanche, de Quéhillac, sont doux, tranquilles, bons serviteurs du roi, ennemis du trouble et de la tracasserie. MM. de Cucé et de Cornulier ont des enfants au service et le dernier est sur le point de faire un marjage avantageux qui ne peut réussir qu'autant qu'il lui cédera sa charge de président & mortier ^ MM. de Cuillé et de Chûtoaugiron, présidents, sont très dévots et fort pacifiques. Cuillé est neveu de l'évoque de Quimper (Mgr de Farcy), qui le presse de rentrer. M. de ChAteaugiroa est gouverné par M. Le Prestre, son frère, dont les intentions sont bonnes, et par sa femme, fille du premier président d'Amilly^ qui désire beaucoup qu'il re[)renae sa charge pour ne pas rester à la campagne, d'où il ne sortirait plus s'il abandonnait le Parlement. M. des Fossés est un parfait honnête homme, quoique très dur, il déteste les intrigues et les brouillons et est fort attaché à son métier. M. de la Bretesche, qui est lié intimement avec lui, lui fera probablement adopter son avis et M. d'Amilly peut y aider beaucoup. MM. du Parc et de Coëtivy sont

1. D'Ai|piillon ovait adressé quatre leUres au président de Boisgelin de Cucé : « Je vois avec grand plaisir que je no me suis pas trop avancé en répondant au roi do votre obéissance et de 'Votre soumission et je pourrai lui mander que vous êtes déterminé à enregistrer purement et simplement, et snns aucune modification, l'édit et la déclaration dont j'ai eu l'honneur de vous envoyer le projet. (Arcb. du min. de la justice. D'Aiguillon à Cucé, 8 janvier 1766.)

de précavlîoii ^ itf^ w«ri jw w iw i ? j« i<y »T# » ^^î K ^M^Mv^ avec des Biiai|:islral^ 1^ %M^#<«Mi ^ <iJMr^v ^V\ pliquer neltemeiil iI'«t««<^ «^r^^n:;^ <^ 4m\V^I nSM^ poser n le Parlemettl r v| ^ ^ii »<r» ^ >► Mx \^\\h^^^v et M. de Flesselles sein>«t olMir|i!^ ^Ks^ «^nh^vv leurs intentions et riiitendaiH i^^ iv^m^ll^H^ ^ H. Le Pelletier de Beau|»rti )o» UmiH^^ j^HliM^h^n fomr le rappel de Meaaiaura \\\\ Vi\\m%\\\ \\\\s\ hfntfTû sera assuré do rourt^gindH^iiioiil du \\^\\\\ <t4eb Aéelaration. Enfin, In vuIIIm du Jour lUii, iea PM Bi i ea ir s, après avoir iU<t ondcHtlrllH^M n\\\\{\ wwrti ^09t m Um n^goeiateurii, » mh rtiiiiiiiMMlr : M jmtoimt fféméfmi^ qui leur Mm\\\u\\\i\\m^\ ' ;ii?tM mytmt ^.

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tj 4 Awiilly, Ii«-^ J hiii ^ pré(#arei-Toa5 à !*<•• ^*-i(t€if^r. ^ tiêffUrTy-utéÀ k «rcrel sor U>ut ced. Je M (' f/***! /(M j^/fir l'j hk'fi de la proTÎncc'. »

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gnage de la sutisfaclion du roi, et elle se séparait après avoir ordonné le dépôt au greiïc du Parlement de la procédure entamée contre les cinq magistrats ^

Le terrain étant ainsi déblayé, on pouvait réunir le nouveau Parlement. Le duc d'Aiguillon arriva de sa personne a Rennes le 14 janvier; il voulut faire dans la ville une entrée solennelle. Il assure qu'elle fut triomphale : « On se porta à ma rencontre, on cria : Vive le Roi! Le peuple, les artisans, les bourgeois n'ont point adopté le ton séditieux de quelques membres de l'ancien Parlement. » Et Linguet, renchérissant encore, prétend que le commandant fut accueilli « par des acclamations publiques, comme un génie tutélaire qui rapportait avec lui la paix et le bonheur*. »

La situation malheureuse des habitants rendrait déjà assez invraisemblable cet enthousiasme, quand, par ailleurs, d'autres témoignages ne viendraient pas infirmer ce récit, a La ville de Rennes était alors dans la plus grande désolation, disent les Etats; elle imputait a M. d'Aiguillon tous ses malheurs : l'anéantissement de son Parlement, la cessation de son commerce et la ruiné de ses habitants... Elle ne vit cette entrée

t. Proche instruit, f, 107. — Journal det Et'ènement; p. M, et Supplément, p. 7.

2. Arch. Nttt., H. 439. D'Aiguillon à Laverdj, 15 jonvier 1766. — Mémoire pour M. le duc d'Aiguillom, p. 15U. — Obeerpatiomê êur /• réponse tles Etats de Bretagne, par Linguet, p. Wk,

UL BUMKATKITIOIC 9T rtJHLXVCVT 175

Inooipkniie ^pm émtç^ mm wêitsw^ tik miw. «Tee U pâlevr et reffroi. • l>f Pvifminrt à «m Umr ré* TiMpie ea ilo«le ces «tcbombons H eeitr joM5 m pe« coBcSables ar^^c W fii?mlÛBff«l pdbGc*. Tout porte à rrotre qme e?Ue rrâp|4iio« fmt «ae de ces « BawfesUitîoss «poataséips • q«e U police m riialiilsde d'crfc^m^én- smr le pmsca^ <les granck, qvasd ils le dirent*.

f . M éJp tmm r dea Eimi» dt Brtim^^me mm M rwm mr r dm dmc d'AigmitUm, p. Ul — Arrêt dm FmHemme^ 4« 1% mmmk 1779. p. SC

1. HaCvcOciM»! M. MarWa »4«pir la xmimm 4m Àmc 4 À>f«illoa q«t «evl, ««fTvst ]«. p««t 4îre U ««rit« : • Il fit ••• ««Irée à IImhms mm% acri — t i f 1 4 •« pevpW g> iM < ér « yt . r«B« •« 4eT«at d« lai à vfte 4c^4«ea« d« U ville. Malgré aa irmi eseeptiaaael- IcoMst riga aicax . • Ifartaa. Lm BrHm^me, p. X71.) El il ajoata ca aaia : • Biea caleada. p>ar l«« likrlle*. il a'j arail là ^[m^ étm H »ai apaatéa par Aadoaard et pajéa p » ar applaadir aa farrés da la faire à ra«p« de caaae. »

Or rca Uhrilr» daat aa parle mxrr t»«t de dédain, «aaa jamais laa citer d'aillevr*. aaat la ilepoase aSrielle dea Etats aa Me- Macrr da Lia^aet ci le dérinf Arrêt d« FarleaMat da 1% aaèt 1770. Faar aoas, eca d o c a a i eats aat «»e Talear de ercdibtlilé biaa sapérieare aaz aSrmatioas tatéreaacca da dac oa aa témoi^ai^ ■aspect de saa arocat Lia^aai.

Qoaat à TaBecdote dea coapf da caaae, à laquelle oa fait allasioa, la Toici, elle ne maaqae pas de sarear : « Oa ae doit pas anettre oa trait de cet Aadoaard. à l'occasioa de catta fatale eatrée. 11 est notoire à Reaaes. Le major arait apostd de distaaca ea distance des gens gagés poar crier : iVre Jlf. d'Ai^iihmf... Ces cris isolés et qai ne s'eateadaieat qva de loin aa loia, semblables aaz cris des oiseaaz nocturnes que l'écho répéta daas une TAste forêt, impntieatèrent le sélé Aodoaard. Un malbeareaz artisan, qai se troava plus proche de loi, paja pour les outres. Il tomba sar lai à coups de canne et à chaque coup il lai disait : « Crie donc, coquin, crie : Vite M. d'Aiovillor !... s Malgré les menaces et les coups du major, on s'obstina à se taire. Les criears & gage carent même honta de crier seuls et se turent aassi. Je demande si c'est là rairer aa mi'/itM dtê meeiammtioHê pubtiqueê et être reçu comme aa gémie lulétmirt, s (Répomêt mu gramd Mémoire de M. h duc d'AiguUlom, p. 8S.) — Je demanda à mon tour si le trait n'est pas Yrnisemblable. On n'invanle pas ces rhoses-Ià.

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La milice bourgeoise prit les armes et alla au devant du commandant. C'était Tusage, et d*ailleurs son chef, le fidèle Audouard, eût puni le premier artisan qui se fût avisé même d'être réellement malade dans une pareille circonstance'. Le duc se rend à son hôtel, dont on avait préparé et tendu les appartements^ ; il reçoit la visite des corps constitués et des conseillers non démis, qui seuls se présentèrent. Le soir, grand souper chez M^ d'Amilly; celui-ci avait invité, — problème délicat ! — avec des magistrats, les maîtres des requêtes, membres de la Commission ; on eut généralement pour ceux-ci les égards exigés par la bienséance. Il y avait beaucoup de dames, ce dont le duc se montre particulièrement flatté.

Le président Le Pelletier de Beaupré voulut donner à son tour une réception. « J'ai invité le duc à venir diner chez moi, dit-il, j'ai invité ceux de Messieurs du Parlement qui sont venus me voir depuis leur arrivée. Tout se passe fort polioient entre nous. Quoique notre mission soit (inie, nous ne recevons ici que des témoignages de politesse, que nous avons grand soin de rendre, surtout aux nouveaux rentrants qui ont grand besoin d'être encouragés, car il y a ici bien de la fermentation contre eux. Le petit nombre des rentrants donne

1 . Rcffonêe au grmnA Mémoire de M. le duc d Aiguiiiom, p. 8S.

S. Depuis huit jours on préparait les apportements de l'bètel de Blossac. Deux aniicbaiiibres étaient tapissées de noir, l«a pendules et autres ornements, les chaises et rideaux de fenêtres noirs aussi. Tout cela sera bien lugubre, remarque M^ La Prestre. (Correspondance, lettre du 8 jdnYÎer 1766.) La cour était en deuil par suite de la mort du dauphin, le 20 décembre 1765.

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