‹ Le pouvoir absolu et l'esprit provincial (volume 2)Chapitre 67 sur 190 · Procè9 insiruit · texte numérisé non relu

Procè9 insiruit

L^IlfTBRROGATOlRB 225

droit ot suivant Ises pouvoirs. Il n*Q jomnis ou l*intention de vexer personne; il n*y o que dos fripons qui puissent élever contre lui pnreil grief. « Je ne vois en tout ceci, ajoute-t-il indU gnéj que de vils délateurs et des Atnos bnssns quif sans se nommer, se cachent dnrribro doM personnes puissantes, derrière le roi lui-mAmo^ pour m'accuscr. Je défie qu'on mo cite un lionnAlo homme en Bretagne qui se plaigne do vexations de ma part*. »

Le Noir passe alors à la dernière qtioAliori« tu plus délicate et aussi la plus grave, collo fUn billets anonymes. Il y insiste avec uno ^u^ffU^ extraordinaire. Pour se conformer nun Irn&iiinfm et aux commentaires de Tordonrian/^o r'.rimirM<ll#« de 1670, le juge devait fatiguer ïnrj^.nn/'i pt^t uu grand nombre d'interrogati/ins, le Ufiitmt 0*1 in retourner, le prendre par ses prour^n t^^Hftfn^n * C'est ce que fit Le Nrnr, qui ^t^it ur> f#/fl hnSiiU. praticien. Voyons-le k IVuuvre, \n n4^Mm ^ni f-u rieuse.

D. — Après la d^misnKi» 4i$ VfftUttf^tfl , h^ vous êtes-vous pas t^,m\t<fr\A f/mif^ M. *U ^fftittfi Florentin, que rtmn f.roji^, ^fàfn t-tftf^mf. ^^ n'estHîe pas alors qfi#î, vr/tM UrtPffit h i fttffffHf^l^ la plus fitlr^M^, tsmif^. ^^. mimnit^^ ^'fH^ ^t^/ écrit et lui av#rx «4r^«Mi^ 4^ )fi\UU nf¥m-im^i^ ^

R- — J^ r//rit^Uf ftmf^m^M I tHi^ff^nni

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226 LE DUC d'aiguillon et la CHALOTAIS

D. — Voici deux lettres signées de la Chalo^ tais ; sont-elles de votre écriture ?

R. — Oui, je les reconnais.

D. — Eh bien ! Tauteur de ces deux lettres est incontestablement Tauteur des lettres anonymes?

R. — Je ne puis rien dire que je ne voie ces lettres, mais je nie des maintenant qu'elles soient de mon écriture.

D. — La vue de ces billets n'est pas nécessaire pour vous décider à avouer un fait personnel et positif. Je vous somme do convenir que vous êtes Tauteur des billets anonymes adressés à M. de Saint-Florentin.

R. — Je le nie formellement ; je nie les avoir écrits, ou fait écrire, ou avoir contribué à leur envoi ; je demande qu'on me les montre et je m'inscrirai en faux contre eux.

D. — Consentez-vous à vous en rapporter au témoignage des experts en écriture 7

R. — Je nie parfaitement avoir écrit ces billets anonymes. Quand ils me seront représentés, jo demanderai, par tous les moyens, la reconnaissance et la vérification de leur écriture.

D. — Cette vérification a été faite et l'identité démontrée entre l'écriture des billets et celle dos deux lettres signées La Chalotais.

R. — Je persiste dans ma réponse; je demande qu'on me montre les billets anonymes et le procès-verbal, s'il y en a un.

D. — N'est-ce pas lorsque vous vous êtes vu découvert comme l'auteur des billets anonymes que vous avez imaginé ce plan de défense qui consiste à demander la production des originaux que vous pensez peut-être n'être pas entre nos mains?

l'intbhrogatoirb 227

R. — Je n'ai jamais été découvert pour Tauleur des anonymes et je n*ai entendu dire à personne que je le fusse^ parce que la vérité est que je ne le suis point; je n'ai eu aucune part ni à leur écriture ni à leur envoi, et le plan de défense que je propose aujourd'hui est si simple et si naturel qu'il n'a pas besoin d'être médité ; je persiste à réclamer la production de ces pièces.

D. — Comment se fait-il que parmi les personnes poursuivies, vous vous soyez considéré comme seul prévenu de cette accusation?

R. — Je le conteste formellement, parce que je sais très bien dans ma conscience n'avoir rien fait de semblable, et je n'aurais jamais cru qu'on put entamer contre moi une procédure aussi violente sur un fait aussi faux.

D. — Vous avez suggéré a votre fils les réponses sur les divers chefs d'accusation et vous ne lui avez rien dit des billets anonymes, c'est donc que vous vous regardiez comme pouvant seul être accusé de ce fait.

R. — Je n'ai eu garde de rien suggérer à mon fils, ne l'ayant pas vu depuis que je connais les lettres patentes. Je nie un fait évidemment faux pour moi comme pour mon fils; au surplus tout doute sera levé par la représentation des anonymes que je demande.

D. — Parmi les papiers saisis dans votre chambre, en ce château, il a été trouvé une note écrite où vous faites allusion aux billets anonymes '.

1. Par ordre de Le Noir, une perquisition minutieuM fut opérée le 31 janvier dans la chambre de La GhaloUit. On aurait voulu découvrir quelques écrite compromettante. On ne trouva

228 LE DUC d'aiguillon et la chalotais

R. — Je reconnais cette note, je connaissois Taccusation par les lettres patentes qui m'avaient, été signifiées. Je nie avoir fait aucun envoi pareil, avoir écrit aucun billet. Au surplus, toute cette insistance un peu métaphysique, pour chercher des contradictions où il n'y en a pas, tombe par cette déclaration formelle que je fais : à savoir que s'il est prouvé que je suis l'auteur des billets anonymes, je consens dès à présent à ma condamnation pleine et entière sur le tout et môme à perdre la tôte, et j'offre de le signer. %

Et aussitôt le procureur général saisit une plume, écrit cette déclaration et la signe de son nom.

On lui montre la copie des billets.

R. — J'y réponds, dit-il, par l'offre de ma téte^ comme je l'ai déjà fait. Je ne cesserai, tant que je vivrai, de demander la représentation de billets aussi informes et aussi injurieux qu'on ose m'imputer. Cela ne peut m'étre refusé sans une iniquité évidente.

D. — L'envoi des billets s'explique par l'animosité que vous avez témoignée contre M. de Saint-Florentin; on vous a entendu vous exprimer contre lui en termes injurieux.

R. — J'ai pu me plaindre de M. de Saint- Florentin et je m'en suis plaint, parce que je prétends en avoir reçu beaucoup d'injures; mais ceci (les billets), ce ne serait pas de Tanimosité,

rien. On saisit jusque dans ses poches des popiers sans intérêt et des notes préporécs pour sa défense. En voici un spécimen : « Forcer, l'épée sur la gorge, de dévoiler ce qu'om a jtem$é depuis vini^t ans, ce qu'ont pente nos nmis, nos porents... Terme extrême de despotisme, chose odieuse!... (Procès instruit. II, 1&2, 16% ; — Deuxième Mémoire, p. 6C.)

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ce serait de la frénésie, de la fureur, de l^extravagance, un outrage contre le roi, une insolence qui n*a pas de nom ^

Tel fut rinterrogatoire du jeudi 6 février. Dès le début de la séance suivante, deux jours après, le samedi 8, La Chalotais, avant de répondre à toute question, tient à renouveler ses déclarations.

— «Je demande, dil-il, la représentation des billets anonymes, des enveloppes, du procès-verbal de vérification et des lettres de comparaison. J'offre ma tôte pour en prouver la fausseté. Je somme M. le procureur général de la Commission de me représenter ces pièces; il ne peut pas ne pas les avoir ni se dispenser de les produire. Je ne cesserai d'insister sur ce point; Tobjet essentiel est d'avoir le corps du délit, que je reconnais être atroce et digne des plus grandes peines 2. ji

Il y a dans ces déclarations un accent de sincérité et d'indignation qui ne trompe pas. Un homme qui aurait écrit les billets n'aurait pas eu cette véhémence dans l'adirmation et cette ardeur à oiïrir sa tôte.

Il était du reste assez étrange, et même assez odieux, de ne pas montrer les originaux à l'inculpé. C'était la pièce fondamentale, la base m^mc do l'accusation, et l'ordonnance criminelle do 1670 en prescrivait la communication. Quand on porte contre un particulier, contre un procureur général, une imputation aussi grave.

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