‹ Le pouvoir absolu et l'esprit provincial (volume 2)Chapitre 69 sur 190 · M. d« la Chalotais écrit à M. de la Fruglaye : « C'est · texte numérisé non relu

M. d« la Chalotais écrit à M. de la Fruglaye : « C'est

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Suit une longue discussion, fort compliquée et peu intéressante, sur des points de détail, notamment sur la question des enveloppes.

R. — Je ne comprends pas, répond Taccusé, comment vous pouvez insister sur une induction aussi déplacée et aussi frivole. Vous savez apparemment que, quand on écrit à un ministre, il est d'usage de mettre ses lettres — agréables ou désagréables — sous enveloppe. Et j'ai grand intérêt à voir ces enveloppes.

Au surplus, toutes ces battologies peuvent se lever par la représentation des anonymes; car de deux choses Tune : ou je les ai faits, ou je ne les ai pas faits. Je nie les avoir faits, les avoir envoyés ou avoir contribué à leur confection ou à leur envoi de quelque façon que ce soit, et j'offre ma tète si Ton peut trouver à cet égard le moindre indice contre moi.

Cette offre répond à tout et je ne dirai pas autre chose. Je n'ai pu être attaqué qu'à l'aide de pièces fausses ou de faux témoignages. Vous brouillez toutes les époques, vous confondez toutes choses, il est visible que toutes vos demandes n'ont pour but que de me faire tomber dans de légères contradictions sur des choses que j'ignore K

Autant les questions de Le Noir Sont captieuses et embrouillées, autant les réponses de La Chalotais sont nettes, claires et décisives. Ses vivacités, ses emportements ne se compren-

•ajoard'hui le 18 mars (1766), on me permet de vous écrire... J'eapère qu'à la fin lea fripons el les faussaires eeront eonfondos.» (Arrh. du chAleao de Keranroai.) 1. Proche inUruii, III, l7^.

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ncnt que trop ; ils sont la meilleure preuve do son innocence. « Il conserve son esprit de hauteur et parfois de violence, » dit Le Pelletier*.

Pour tout homme de bonne foi, Timpression qui résulte de ces longs interrogatoires — et combien les ont lus? — est que La Chalotais dit la vérité. Il était évidemment favorable à Topposition, il approuvait au fond du cœur ceux qui luttaient contre les exigences du pouvoir, peutêtre ne rendait-il pas aux ministres les services qu'ils croyaient pouvoir attendre d'un procureur général; mais les accusations portées contre lui sont toutes ou ridicules ou dénuées de fondement, et son incarcération arbitraire, sans décret, sans formalité, pour des motifs aussi peu sérieux, fut un indigne abus de pouvoir.

A la fin de son interrogatoire, La Chalotais demanda h être assisté d'un conseil. L'ordonnance criminelle de 1670, qui était le code de la matière, le permettait expressément^; après l'interrogatoire, l'accusé pouvait être autorisé à conférer avec qui bon lui semblerait. On le refusa. Le procès se poursuivit encore pendant plusieurs mois et jamais La Chalotais n'a eu d'avocat, malgré ses réclamations réitérées^. Ce n'est pas là une des moindres iniquités de cette procédure dont chaque pas était marqué par un nouveau déni de justice. Certes, nous ne devons pas envisager cette question avec nos idées modernes, qui nous font trouver naturel et juste

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