‹ Le pouvoir absolu et l'esprit provincial (volume 2)Chapitre 70 sur 190 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

I. Témoins entendus à Sainl-Malo. — Déposition de M*" Garnier, libroire. — Fut-elle conduite devant le duc d'Aiguillon?

If. Confrontations et récolements.

fif. Le Second Mémoire de La Chalotais. — Son objet et sa valeur. — L'.Addiiion au second Mémoire. — Réponse de Galonné.

Le commissaire Le Noir n'avait pas seulement à procéder k l'interrogatoire des accusés, il devait encore entendre des témoinsj. Aussi bientôt succomba-t-il sous cette charge écrasante et Ton dut lui adjoindre un de ses collègues, Chaillon de Jon ville *.

Onze témoins nouveaux furent appelés a Saint- Malo, ce qui porte le nombre total à quaranteneuf. Leurs dépositions étant relatives à des faits que nous connaissons déjà, nous nous contente-* rons de noter celles qui présentent quelque intérêt.

On s'occupa d'abord de la gravure des Ifs. Le vitrier Bouttier reconnaît l'avoir encadrée pour l'avocat Périgault; le directeur des contrôles

1. Ordonnance des commissaires du 11 février 1766; — Prociê insiruii, III, 15.

TBMOIGffAGES ET GOlfFROlfTATIOIfS 235

Lorin a vu M. de la Bellangerais en donner un exemplaire à M. de Kersalaûn K

Richard de la Bourdelière, greffier de la Faculté de droit et partisan dévoué du duc d'Aiguillon, ne possédait pas moins de six sœurs. Ces six demoiselles furent appelées ' à Saint- Malo ; on peut supposer que le plaisir de faire le voyage aux frais du gouvernement ne fut pas étranger à cet exode de la famille La Bourde- Hère. Elles avaient aperçu un jour, sur la table de leur salon, un papier qui n'était autre que la fameuse gravure. Fort scandalisées, elles voulaient le brûler ; elles consentirent cependant à le prêter à M"* du Bourgneuf, qui le prêta au grandvicaire de Gibon du Pargo, qui le prêta à M"* de Langle; bref, il fit le tour de la ville et ne revint jamais au sein de la tribu des demoiselles La Bourdelière. Et le greffier enregistre scrupuleusement ces inepties ^ !

M"** Garnicr, née du Breil Le Breton, tenait à Rennes une boutique de libraire. C'était une personne importante ; son mari , imprimeur fort connu, était capitaine de la milice bourgeoise. Comme celle des demoiselles Vatar, la librairie de M"* Garnier, située dans une des rues les plus fréquentées de la ville, était le lieu de réunion des parlementaires et des amis de La Chalotais.

« 11 n'y a point de cafés dans cette ville, dit Linguet, les boutiques des marchands de livres en tiennent lieu, c'est le rendez- vous de tous les gens oisifs, dont l'occupation est ordinairement do mé-

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