‹ Le pouvoir absolu et l'esprit provincial (volume 2)Chapitre 89 sur 190 · Procèt imlruU, II · texte numérisé non relu

Procèt imlruU, II

264 LE DUC d'aiguillon et l\ ciialotais

actions personnelles, ce sont des actes d'exercice de sn charge dont il n'est comptable qu'à sa conscience et a Dieu'.

Evidemment, Charette de la GAcherie n'avait point le caractère d'un courtisan, mais il n'était pas non plus un conspirateur. C'était un esprit indépendant, un peu frondeur, fort susceptible sur tout ce qui touchait aux droits du Parlement ou de la province. On cherche vainement quel crime d'Etat il a commis. Dix mois de détention dans un chAtcau-fort, trois exils, un mandat à la suite de la cour, tels étaient ses états de service avant son arrestation ; un an d'emprisonnement, suivi de huit années d'exil, telles furent les rigueurs imméritées qui, sous prétexte d'un crime imaginaire, punirent ce magistrat d'avoir commis une faute très réoHe : celle de ne pas penser toujours comme les ministres de Louis XV.

L'interrogatoire de Picquet de Afontreuil porto à peu près sur les mômes points, et plus spécialement sur la distribution de la gravure des Ifs et sur les conciliabules du Thabor. « J'y suis allé fort souvent, dit-il, car le Tiuibor, jardin des Hénédictins, sans ùtre uncî promenade publique, est ouvert à tous les honnêtes gens. J*y ai vu des gens de tous les états, mais il n'y a jamais eu d'assemblée proprement dite; on se promenait enst^mbie dans les différentes allées en causant

1. Mémoire pour L. Charette de la Gttcherie, imp. in-'i* de 68 p., p. 2-1'j, Câ-G?.

des nouvcIleB; je n*y ai point entendu parler d'aiïaires; on s'est demandé seulement, entre cinq ou six, ce qu'on ferait lorsqu'il orriverait des ordres du roi, mais cette discussion n'avait rapport qu'à l'habit dans lequel on rentrerait au Palais'. »

Interroge sur ses lettres à La Bellangerais, il exprime le regret d'avoir qualifié le contrôleur général d' <c apprenti ministre, » et la missive de celui-ci aux Etats de <c tout h fait folle, » appréciations qui nous paraissent aujourd'hui bien anodines. — S'il a cherché des informations sur les chemins, il s'y croyait autorisé par le Parlement. — Il estime, comme les autres accusés, que la Cour n'avait point pris d'engagement au sujet de l'enregistrement de la déclaration do 1763. II termine en demandant à la Commission do lui tenir compte des cinquante-trois années de service de son père et de ses vingt-sept années do service, qui lui ont acquis la considération du public et l'estime de ses confrères.

Questionné sur le rôle de La Chalotais, il déclare n'avoir rien vu chez lui de suspect et no l'avoir jamais entendu prononcer de propos indiquant de l'animosité contre le duc d'Aiguillon 2. « M. do Montreuil est le plus adroit, dit Le Pelletier, et celui qui se défend avec le plus de sang-froid. » La défense était facile car, en somme, comme il le fait remarquer lui-même dans un Mémoire publié l'année suivante, « sur tous ces chefs d'accusation, ce ne sont point des

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