‹ Le pouvoir absolu et l'esprit provincial (volume 3)Chapitre 116 sur 187 · Correspondance Le Preslre, 28 février · texte numérisé non relu

Correspondance Le Preslre, 28 février

2. Arresi du Parlement de Bretagne, du 28 février 1766, qui supprime un manuscrit intitulé : Remontrances du Parlement de Paris du 8 février 1766. Imp. in-4"» de 5 p., Rennes, Vatar. —

LE BAILLIAGE d'aIGUILLON 303

Mais suppression et incinération n'empêchaient point ces écrits de. circuler de main en main, et si Ton ne poussait pas encore Tirrévérence jusqu'à traiter les magistrats de « rôtisseurs de Tesprit public, » comme on le fit en 1788, ces exécutions platoniques commençaient à faire sourire.

Bien que Le Prestre assurât les magistrats que leur conduite était « canonisée » par le roi, il avouait qu'il fallait souvent « dévorer les dégoûts des pénibles fonctions de la magistrature. » Un point leur était particulièrement sensible. Les avocats qui, par leur nombre, leur honorabilité, leur grande situation, jouissaient d'une considération méritée, avaient refusé de reprendre leur service devant ce Parlement que Ton appelait déjà le « Bailliage d'Aiguillon*. » Indépendants par caractère, ils s'ingéraient de ne pas céder

Arrest du Parlement de Bretagne, du 13 mars 1766, qui supprime un imprimé oyont pour titre : Représentotions du Parlement do Rouen du 24 févrrer 1766. Imp. in-4* de 7 p. — Arrest de la Cour, du 20 mars 1766, qui ordonne qu'un libelle intitulé : Journal de ce qui s'est passé en Bretagne, sera locéré et brûlé. Imp. in-4* de 3 p. — Journal des Evénements, Supp., p. 10-18.

M. Marion écrit : « Ils rendoient même quelques arrêts contre les innombrables libelles que l'excitation des esprits faisait naître chaque jour... » (La Bretagne, p. 393). — Il aurait été bon de citer au moins quelques-uns de ces « innombrables libelles, » cor, jusqu'à preuve contraire, je crois pouvoir affirmer qu'ils furent au nombre d'un.

1. Le Barreau du Parlement de Bretagne, par G. de la Pinelais, ch. V.

aux objurgations du commandant et aux colères de Saint-Florentin, qui qualifiait leur conduite d' *i intolérable. »> Intimidations et menaces furent également inutiles. Le bâtonnier Evcn, homme rigide, avait le tort, impardonnable aux yeux des amis de d'Aiguillon, de résister au pouvoir.

L'avocat général Le Preslre va le trouver; il loi déclare que le duc est décidé à soumettre les avocats au tirage do la milice et à les obliger de faire le guet avec les artisans.

— Mon ordre sera plus indigné qu'ébranlé de pareilles menaces, répond Even ; je ne crois pas que ces moyens soient propres à le décider à reprendre ses fonctions.

Le Prestre change de ton, il fait appel « aux sentiments nobles et purs des avocats. » Le roi est absolument décidé a ne pas rappeler le Parlement tout entier; il ne faut donc pas entraver le cours de la justice, Even refuse; de convoquer ses confrères, aucun d'eux ne lui parait disposé à rentrer au Palais.

Trois jours après, le premier président luimême « se transporte chez le bâtonnier et le plie de dire à ses confrères qu'il leur demande à ilfre de grâce de rentrer au Palais ^ "

En même temps le duc agit par Tintimidation; il prescrit aux marguilliers de comprendre les avocats non mariés et les fils d'avocats dans les rôles de la milice.

Enfin une assemblée générale de l'ordre a lieu

1. Journal des Evvnemenl», p. l€l. Celte démarche fut trouvée excessive par Sttînt-FlDrentin <|yi en îjîâinn vivement M. à K^ milïw

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