Procès instruit, III
3. Arch. Nat., H. 439. Montbourcher à Laverdy, 24 avril 1766, et h d'Aiguillon, 10 mai 1766. — Le ministère sut reconnaître le zèle du président de Montbourcher, ainsi qu'en témoigne la lettre suivante : « Je ne puis. Monsieur, vous exprimer la vive et profonde reconnaissance dont je suis pénétré. \o\i% \x\fex «\x \\s.
314 LE DUC d\iguillon et la. chalotais
Mais ce irêtait pas l'avis du duc d'Aiguillon, qui voulait éviter de nouveaux retards et craignait toujours que le Parlement ne refusât da juger, eu demandant le renvoi à Bordeaux» IF avait dil partir pour Nantes le 21 mars et il ('^cri vait de là à Xlontbûurcher : « Je vous remercie d'avoir mis en train sans délai la procédui'e cri minelle. Sans vous je désespérais de la voir commencer; je serai à Renues la veille de l'assemblée des chambres. Je suis content que li rapporteur soit euRn nommé. Je ne vous ca cherai pas que le roi était mécontent du retard de sa nomination et du mémoire que vous ave: donné au Parlement. Je vous engage à n'y pai donner suite, n
Le duc fui retenu à Nantes par une indisposition qui prit subitement une certaine gravité i un gros abcès à la lèvre supérieure. « Je n*ose ' espérer pouvoir me rendre demain à Rennes; heureusement ma présence n'est pas fort nécessaire pour le jugement des motifs de récusation qui doit se faire après -demain.,. « Mais l
bonté de faire valoir oyprèd du roî le «èle qui m'o loujou animé et la suumii^sîoti à ses ordre». Vous m'avez rendu un grand service dans lo critique situation où je me trouve. La Taçon généreuse dont voua me procorez ce bien-être l'emporte sur le bienfait,.. Je chtirjije une personne de condoncc de loucher ou trésor royal les lO.WO livres que vous me deatinei sur ce qui sera reconnu m'i^lre dû lursaque lu liquidation dénia charg'e sera faite, ù (Arch. NnL, H. 439. Monlbourcher ii Laverdy, 2 et 9 juillet 17G6.) Ces grûces éloient alors toutes uulurelles. L'ftvorot (s^énéral Le Près Ire, qui avait reçu une pension, écrivuit : ffl Mon frère, le président à mortier, a 80.000 livres de rente. Je n'ai que 180,000 livres de cnpital. J'ai payé lii-deasus charge 110,000 livres. Elle me rapporte 4,{K>0 livres de revenu* fArt'b. Niit-, H, 439. Le Prestrc à Laverdy, 29 juin 17G6.)
LE BAILLIAGE d'aIGUILLON 315
contrôleur général lui adressait ces lignes suggestives : « Quel que soit le zèle de M. l'intendant et quelles que soient les dispositions de M. de Montbourcher, votre présence à Rennes est seule capable de me rassurer ^ »
Le mal s'aggravant, le duc dut aller se faire soigner à Paris. Les médecins de Nantes euxmêmes le lui conseillèrent. « Il partit fort piqué qu'après trois semaines de remèdes, entre leurs mains, et de continuelles assurances de guérison prochaine, le mieux qu'il pouvait espérer était le ridicule d'avoir été à Paris dans un moment comme celui-ci, pour un mal qui se serait trouvé n'être rien 2. »
La guérison fut rapide. Pourtant, le duc ne put revenir à Rennes que le 18 juin. Pendant ces trois mois, le Parlement resta dans l'inaction complète et le procès n'avança point. On sentait bien que le grand moteur de toute l'affaire n'était plus là. Ses fidèles ne s'y méprenaient pas : « La conduite silencieuse du Parlement prouve bien qu'il a perdu son teinturier. Quel contre - temps qu'une lèvre malade ! » disait La Noue. « Cela ne bat et ne battra que d'une aile tant que M. d'Aiguillon ne sera pas en Bretagne, » ajoutait Barrin^. Aveux significatifs et dépourvus d'artifice!
1. Arch. du cbât. de la Magnane. D'Aiguillon à Monlbourcher, 24 mars, 14 mai 1766. — Arch. Nat., H. 439. D'Aiguillon ù Laverdy, 8 avril 1766; G* 462, Laverdy à d'Aiguillon, 12 av. 1766.
2. Corresp. Fontette^ p. 156. Barrin à Fontetle, 27 avril 1766.
3. Arch. Nat, H. 439. La Noue à Laverdy, 7 mai 1766. — Correspondance Fontette, p. 162. Barrin à Fontelte, 8 mai 1766.