‹ Le pouvoir absolu et l'esprit provincial (volume 3)Chapitre 121 sur 187 · On voit que sur ce point il contredit Fontette · texte numérisé non relu

On voit que sur ce point il contredit Fontette

votre vilain métier et nous faisons le nôtre, qui est de chercher à vous tromper pour servir les honnêtes gens que vous persécutez.

« Ces morceaux d'ardoise se mettaient au fond de petits pots de beurre qu'on permettait d'envoyer aux prisonniers. M. de Fontette ne se contenta pas de les sonder, il les dépota et découvrit qu'en dessous de l'ardoise on plaçait un billet bien minuté, et que pour être sûr qu'il était parvenu, on demandait de faire telle marque au billet de santé qu'on permettait à nos parents de nous écrire. Non seulement M. de Fontette s'empara de toute la correspondance, mais il eut grand soin de faire aux billets des prisonniers la marque de confiance, ce qui était une vraie trahison. Elle ne lui servit qu'à savoir que nous étions très instruits des menées de nos ennemis et que nous en déjouions beaucoup *. »

Les parents des prisonniers étaient absolument dans leur rôle en cherchant à communiquer avec eux. Si Fontette s'offusque du titre de « geôlier, » il était au moins un gardien ; or le rôle d'un gardien est de « garder. » La peine infligée à La Chalotais pour ce fait fut excessive : priver un .vieillard de soixante-six ans, atteint d'une grave maladie interne, de toute nouvelle de sa famille pendant deux mois, et réciproquement, était une véritable cruauté. Cette fois encore, malgré les supplications réitérées du chevalier, inquiet pour la santé de son père, Fontette demeura inflexible-.

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