‹ Le pouvoir absolu et l'esprit provincial (volume 3)Chapitre 127 sur 187 · Cédule évocatoire^ p · texte numérisé non relu

Cédule évocatoire^ p

quarante à peine. « Donc, quand les accusés réclament révocation, ils réclament un droit qui leur a été acquis dès le premier instant de la procédure et qui s'est renouvelé à chacune des révolutions qu'elle a éprouvées, un droit par conséquent auquel il est impossible de se refuser *. »

D'éminents avocats de Paris et de Rennes appuyaient cette thèse de leur avis motivé. Elle était irréfutable en droit, et conforme en fait à l'équité la plus certaine. Il était évident que le Parlement de Rennes était, de tous les Parlements, le moins qualifié pour juger une telle cause ; les raisons de convenance ^s'unissaient aux arguments juridiques pour imposer son abstention ; dans l'état de surexcitation générale des esprits, il ne présentait aucune des conditions d'impartialife, d'indépendance, de calme et de sang-froid que l'on doit exiger des juges.

M. de la Fruglaye partit pour Paris le 12 juillet avec sa belle-sœur M™® de Garadeuc, afin de faire valoir cette requête. « Ce ne fut pas sans peine, » raconte-t-il.

« M. d'Aiguillon avait défendu qu'on donnât des chevaux à la poste sans son permis et nous avions le plus grand intérêt à lui cacher notre départ pour Paris, auquel il se serait sûrement opposé. Nous avions à redouter les espions dont notre maison était investie. Nous primes toutes précautions à cet égard et à deux heures du matin nous partîmes dans une voiture attelée de nos chevaux. J'envoyai un courrier à la première poste

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