‹ Le pouvoir absolu et l'esprit provincial (volume 3)Chapitre 145 sur 187 · Procèê instruit, II i · texte numérisé non relu

Procèê instruit, II i

ât Arcb. Nat., U. 439. Moutbourcher au contrûlear général, 52 août 1766.

l'expertise 383

nom de leur père, une protestation sous forme de requête contre les faits irréguliers relatifs à l'expert Royllet, que M. de la Ghalotais n'avait point demandé, puisque M. de Villeblanche l'avait requis lui-même dès le 29 juillet ; et contre le rôle louche joué par le prétendu greffier Orry ou Le Roy. La Cour reçut la requête, cette « injurieuse requête, » dit La Noue, enjoignit au procureur Dubois de la signer, ordonna qu'elle demeurerait « jointe au sac des charges » et déposée au greffe*.

Une curieuse conversation, qui eut lieu à cette occasion entre M"®' de Garadeuc et de la Fruglaye et le premier président, courut alors toute la ville.

— Qui a pu mander cet homme (Royllet), dirent-elles.

— Je n'en sais rien, répond M. d'Amilly.

— Qui l'a fait venir ?

— Je n'en sais rien ; apparemment qu'on l'aura fait assigner.

— C'est sans doute M. de Saint-Florentin qui l'a envoyé.

— Sans doute, comment voudriez-vous que cela fût autrement?

— Mais, monsieur, qu'est-ce que c'est qu'un M. Orry qui se fait appeler Le Roy? Pourquoi a-t-il été envoyé ici?

— Que voulez-vous que je vous dise, je ne puis pas empêcher cet homme de demeurer à Rennes.

1. Requête des enfants de M. de la Ghalotais du 21 août 1766. Procès instruit^ lïl, 199-202. — Journal des EtfènemenU^ ^» 1^\»

384 LE DUC dViGUILLON et h\ CHALOTAIS

— 11 est logé chez le sieur Raudiu, subdélégué de rintendance, et a des relations seerètes avec M. de Villeblauche, ^^lusieurs de Messieurs out dit qu'il a été envoyé par M. de Saint-Florentiih

— Sans doute; c'est un greffier criminel du^ Cliâtelet dé Paris qu'on nous a envoyé pour diriger riiistruction de la procédure.

— Vous n'y songez pas, monsieur, un greJIier^ du Clîâtelet diriger la procédure du Parlement!

— Eli! vraiment oui! Comment voudriez-vous qu'on fit autrement? Cette alTaire est d'une espèce singulière ; on n'en a jamais vu do pareille ; faut bien quelqu'un capable pour l'instruire : qi voudriez-vous qui s'en chargeât ici * ?

D'Amilly n'était pas flatteur pour les « ren^ très. »

Pour toute personne de bonne foi, l'écriture des billets ne semble pas à première vue identique à celle de La Chalotais. Elle en parait même totalement différente. Nous faisons appel au lecteur impartial ; un homme de bon sens est beaucoup plus croyable sur ce point qu'un expert. Or, la première impression est incontestablement que ce n'est pas la môme main qui a tracé ces lignes. L'écriture des billets est lourde, forte, droite, pesante^ liée; celle de La Ghalotais est petite, menue, courte, coupée, sansliiiisons, de type dit vulgairement en « pattes de mouches.

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