Arcli. Nnt., U. WU. Laverdy à d'AîijuiUon, 25 août 17GG
2* Cctle ncîlen olographe^ dnlée du 3 Doût 17(i(>, est ninai conçue : « On croit qu'il fxint rcdîger <*n lernics plutt cliiira une porlÎG dca ]i*ttrc!i pulentes. M e»! esscutîH él lui'^iue iiidispctisfiblG qu'il tiioît cnjoiol nu Pari«*mput do découvrir JQutffur des biUéts dfiti» les termes les pUiA rlaîn et les plus positifs, aEn qu'où ne puisse pas reprocher aux sQgoê d'y avoir trovailJé de leur propre mou-
404 LS DUC D'/LiGUILLOlf ET LÀ GIIALOTATS
lettre remplie de beaux sentiments qu'il adres au président de Montbourcher :
a La conduite du Parlement m'afflige au der nier point, il refuse au roi la justice qu'il n'oserait pas refuser au dernier des particuliers... Pourquoi faire venir un expert de Lyon ? Ce pro€édé est offensant pour les ministres qui avaient choisi les- experts précédents et semble indiquer un parti-pris d'éluder le jugement. Je tremble que le roi, qui est très vif en ces matières, ne se fâche tout à fait, et ce ne sera pas sans raison. J'ai essayé de justifier dans uni lettre que j'ai écrite au roi et dans celles qu< j'écris aux ministres la conduite du Parlement' mais ce n'est pas chose facile...
« J'ai le cœur navré de tout ce qui arrive et donnerais la moitié de mon bien pour que vous n'eussiez pas fait pareille démarche. J'aimerais mille fois mieux que vous ayez absous M. de la Ghalotais, tout coupable qu'il peut être... Je vous jure que le désir qu'on peut me soupçonner d'être vengé des outrages que j'ai reçus de lui n'y entre pour rien. Je les méprise autant que personne.
« Je suis désespéré de voir une compagnie coiiduire si irrégulièrement et manquer ainsi son maître. Vous êtes le seul en qui j'épanche mon cœur et à qui je confie mes sentiments intimes. J'arriverai à Rennes le 3 (septembre 1766), et j'en partirai dès le lendemain. Je suis fâché d'y passer si rapidement que ce soit en ces ci ~
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vcmcnt d«W8 la vue de perdre un de lears coofrères. » (Arci Nat., H. ^1390
constances, mais j'ai laissé dans mon cabinet des papiers qui ne doivent être vus de personne et je veux les y prendre moi-même '. »
Montbourcher chercha dans une longue réponse à expliquer et à excuser la conduite du Parlement. Il avait déjà écrit dans le même sens au contrôleur général 2.
Il apparaissait clairement désormais que le Parlement ne voulait pas juger, ou, du moins, qu'il y mettrait de tels retards que sa lenteur équivalait à un refus. Il fallait pourtant donner une solution à cette redoutable affaire qui passionnait le pays et devenait de plus en plus inquiétante.
Dans le parti de Tintendance, on en trouva une aussitôt ; elle était très simple : elle consistait à enlever le procès au Parlement et à faire prononcer contre La Ghalotais, par une décision souveraine et sans appel, une peine sévère, par exemple la détention perpétuelle dans une forteresse. Tous, La Noue, Fontette, Barrin, Flesselles ne voyaient plus de ressource que dans une mesure de rigueur, c'est-à-dire un nouvel acte d'arbitraire. Elle leur paraissait d'autant plus nécessaire qu'on était à la veille des Etats.
« M. de Flesselles n'a pas encore vu les Etats de Bretagne, écrit La Noue, je réponds qu'il en
1. Arch. du chAl. de la Magnane. Lettre autog. de d'Aiguillon à Montbourcher, Belle-Isle. 26 août 1766.
2. Arch. Nat., H. 439. Montbourcher au contrôleur général, 22 août 1766.