Arch. Nat,, H. i39. La Noue « Laverdy, 31 août
sensé et juste d'une conjuration. Savez- vous dViù vient €€^tte espèce d'animosité des D retons contre la cour? De la faiblesse de celle-ci, des louanges que les autres provinces prodiguent à ce qu'on appelle les martyrs de la liberté, des récompenses que la cour même accorde le plus souvent à eux et aux leurs* Si Texil de tant de brouillons n'avait pas cessé si prompte ment, s'ils avaient été exclus au moins nommément des Etats; si le Kerguézec, an lieu d'être fêté, accueilli, comblé de grâces, avait été regardé comme un méchant homme, exclu de la députation, puisqu'il ne pouvait plus l'être de la présidence; si les Pire, père et fds, qui donnaient des scènes séditieuses et indécentes à une assemblée respectable, en avaient été exclus, les Etats n'eussent peut-être pas tant duré, ils auraient du moins été plus tranquilles '. »
« 11 faut enfin que le roi règne en Bretagne... Puisqu'on est résolu de tout briser si tout ne plie pas, à quoi bon commencer par enhardir les audacieux en leur rendant leurs chefs. J^en retrancherais plutôt encore bien d'autres-.,. »
Voilà bien le cri du cœur! C'est la théorie cynique du despotisme brutal • L'idéal de cette petite faction de fonctionnaires et d'étrangers eût été d'arrêter les opposants, de briser par la force toute résistance, de supprimer les libertés de la province pour lui imposer le joug sans merci du pouvoir absolu.
Le duc d'Aiguillon lui-même dut calmer ces
1. Correspondance Fonlctle, p. 21i)-2l2. Fontellc à Lu Noue, Sûint-Malo, 29 ooùt 1766.