‹ Le pouvoir absolu et l'esprit provincial (volume 3)Chapitre 168 sur 187 · Arch. Nat., H. 608. Magon de la Lande à Laverdy · texte numérisé non relu

Arch. Nat., H. 608. Magon de la Lande à Laverdy

442 LE DUC d'aiguillon et hk GHALOTAIS

dait point. Un commis fut dépêché dans la nuit pour porter à Paris cet amas de papiers'.

Au fond, les magistrats étaient enchantés ; ils songèrent un moment à adresser des remontrances au roi sur la régularité de l'attribution du procès au Conseil; mais ce ne fut qu'une velléité qui n'eut aucune suite. « Nous voilà donc enfin débarrassés de cette triste affaire, écrit d'Amilly à son fidèle confident le président de Montbourcher. Croyez-vous que les accusés gagneront beaucoup à l'envoi devant le Conseil? Ce que nous aurions regardé comme peccadille sera regardé comme une grande faute. Pour nous, nous y gagnons beaucoup-. » Montbourcher était d'avis que le renvoi à Bordeaux eût été plus légal ; il engagea cependant ses confrères à ne point faire de remontrances, et il se rend ce témoignage que dans ces pénibles circonstances, « il s'est constamment attaché à concilier le service du roi avec les prérogatives et la dignité de sa compagnie^. »

Le Prestre n'est pas moins satisfait : « Rien n'est plus faux, écrit-il à son oncle, que le prétendu reproche fait au Parlement par le ministère et le prétendu motif de l'évocation et de la nullité de la procédure. Cette nullité n'a rien de désagréable pour le Parlement, car, comme elle était fondée sur les lettres patentes du 5 juillet,

1. Arch. Nat., 0* 462. Saint-Florentin à d'AmiHy, 24 novembre 1766. — « La copie des procédures était pleine de fautes, le roi a ordonné l'apport des minutes » (par arrêt du Conseil du 24 novembre 1766).

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