‹ Le pouvoir absolu et l'esprit provincial (volume 3)Chapitre 57 sur 187 · Proch instruit, I, 138, 142. Voir aussi I · texte numérisé non relu

Proch instruit, I, 138, 142. Voir aussi I

mont; M. de Caradeuc intima assez durement au frère Tordre d'avoir à recevoir partie du paiement de sa créance. Etait-ce encore là un excès bien condamnable ?

De môme pour M"*® de la Fleudrye, que M. de Caradeuc alla voir à Thôpital de Saint-Méen, comme c'était son droit et son devoir '.

Remarquons d'ailleurs que plusieurs de ces ténfioins à charge firent courageusement un magnifique éloge des procureurs généraux^.

Le procureur Bocou déclare qu'il ne peut que rendre témoignage à leur fidélité pour le service du roi et à leur zèle pour le maintien de la justice. Desnos, syndic, ajoute « qu'il connaît d'eux mille traits de droiture et de vertu. »

M. de la Rue affirme que les cinq magistrats accusés ont acquis par leur sagesse, leurs lumières, leur probité, leur intégrité, l'estime générale de leurs con/Stoyens, qu'il ne connaît de leur part que des faits de bienfaisance, d'humanité et de justice.

Mais le commissaire répond qu'il ne s'agit pas d'éloges et refuse de faire consigner cette partie de la déclaration. Plusieurs témoins durent le menacer de ne pas signer leurs dépositions s'il ne transcrivait pas les points favorables aux accusés.

Boucher, l'un des principaux négociants de Rennes, rapporte qu'il a eu souvent des entretiens avec M. de la Chalotais; il n'y a jamais été question d'affaires publiques, mais seulement

1. Procba instruit, T, 9'», 100, 334; 127. 133, 130; 147; 155. — Sur tous ces faits voir ci-dessus, p. 84-89.

du commerce dans ses rapports avec les puissances de l'Europe. « 11 a vu en M. de la Chalotais un magistrat éclairé, plein de probité, de valeur et de franchise, occupé de vues et de projets destinés à contribuer à la félicité publique et à Faisance des habitants de Rennes... »

Gazon-Maisonneuve, négociant et premier juge de police à Rennes, n'a jamais reçu des procureurs généraux que des ordres conformes aux arrêts et règlements de la Cour.

Or, deux mois après, par une coïncidence qui serait singulière si elle ne s'expliquait trop bien, Boucher et Gazon-Maisonneuve étaient brutalement enlevés à leurs familles et à leurs affaires et exilés l'un à Rodez, l'autre à Givray*. Au contraire, le procureur Doré, qui avait chargé La Ghalotais, était nommé procureur du roi au siège de police à la place de son confrère Bureau, enfermé à la Bastille et révoqué. C'est ainsi que l'on respectait la liberté des consciences et l'impartialité des dépositions en récompensant les témoins favorables à l'accusation et en punissant les témoins défavorables-. Etait-ce bien honorable pour le duc d'Aiguillon et les ministres ?

On voulut vérifier qui était l'auteur de l'écrit intitulé : Lettre d'un Patriote à une personne de distinction^ dont M. de la Colinière avait revendiqué la paternité, mais que l'on prétendait attribuer à M. de la Chalotais. On interrogea le

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