Procès instruit, I, p. 166. Déposition du sous-lieutenant
du matin, avant le jour, une chaise à porteurs l'attend à l'entrée de sa prison, il est conduit à son hôtel sous l'escorte d'un officier, d'un maréchal-des-logis et de six dragons en armes. Il traverse ainsi les rues de la ville, entouré de soldats comme un malfaiteur. Des sentinelles sont postées à toutes les issues. Là, gardé à vue dans sa propre demeure, il attend. A huit heures arrivent l'intendant de Flesselles, lé subdélégué Raudin, un secrétaire et le notaire Chevalier. Les scellés, reconnus intacts, sont levés. On procède alors à la perquisition ; l'intendant et son subdélégué ouvrent tous les meubles et fouillent tous les papiers '. A midi et demi l'opération n'était pas achevée. Flesselles se retire, M. de la Chalotais dine dans son cabinet en tête à tête avec le sous - lieutenant Desrochers, son gardien; il ne peut obtenir de voir ses parents, réunis anxieux dans les pièces voisines.
A trois heures l'intendant revient, il continue ses recherches, il saisit 129 pièces qu'il vise et fait parapher par M. de la Chalotais. A quatre heures et demie l'inventaire était terminé; un procès-verbal minutieux, portant que la perquisition était faite en vertu d'un ordre du roi du
1. « Pour trouver MM. de la Chalotais coupables de quelques crimes, on imagina d'éventrer leur secrétaire. Au moyen de cette abominoble infamie, on trouva chez le fils, M. de Garadeuc, toute leur correspondance de 1764. Il était naturel qu'un père écrivit à son fils, lui rendit compte de sa conduite à la cour, lui en prescrivit une en Bretagne en son absence, lui parlât de ses espéronces, de se^ craintes, de la situation de la cour, des ministres, et enfin des détails les plus secrets, o (Mémoires du ministère du duc d'Aiguiilon, p« 15.)
150 LE DL€ DAIGUILLOÎÇ ET LA CHALOTAÎS
7 décembre, est dressé et signé par tous les aa sistants, y compris La Clialotais*,
Celui-ci ohtionl alors la permission d'entrer dans rapparlement de sa belle-fille, JI'"" de Caradeuc, qui était counhée et fort souiïrante*; Tembrasse avec une émotion qui se devine; famille l'entoure, mais les ordres portent qu4 l'offieier sera présent k Toritrevue et que tant le monde parlera haut. On s* y conforma. Cependant M, de hi Clialotaîs pot dire à sa belle-fille qu'il avait reçu leurs lettres. 11 passe une heure avec ses enfants; en sortant, il embrasse avec effusion son gendre. M, de la Kruglaye, il lui recommande de revoir et de hn'iler tous les papiers restés dans son cabinet. A six heures du soir, il est ramen^ h sa prison des Cordeliers, toujours avec une ei corto de dragons, comme un criminel dangerenxr
Son gendre put lui faire parvenir la l>rochure intitulée : Journal des Evènemenls, par uij moyen assez ingénieux. II avait fait part de son" désir aux moines du couvent, « Lui jeune cordelier, aussi officieux qu'alerte et entreprenant, s'offrit, dit-il, à me rendre le service de s'introduire par dessus les échafaudages, pendant i Tabsence des ouvriers, dans la chambre destiné^^^ à mon beau-pere, et de placer sous la tuile sou^^ tenant le pied du lit une de mes déptkdies et dans la paillasse force plumes, encre et papier Cela réussit «^ t.. n
\, Procès ifisiruU, 1, 173-178, procès-vcrbol ; ot Premier McmoU de La Cholotniîî, p. *J.
2, M*» de Carndeuc: mit au monde quinze jours aprèa «ne fille qui vocul et dcvtiil M*"* Hoy de Bonlcville.