‹ Le pouvoir absolu et l'esprit provincial (volume 3)Chapitre 61 sur 187 · Mémoires manuscrits de JL de lu Fru^flnvc. Le P. de · texte numérisé non relu

Mémoires manuscrits de JL de lu Fru^flnvc. Le P. de

Le même jour, mercredi, à onze heures du soir, M. de Caradeuc arrive à son tour à Rennes, escorté comme son père. Il est enfermé, lui aussi, aux Gordeliers, dans l'appartement contigu à celui de M. de la Ghalotais, mais il n'a pas la permission de le voir.

Le lendemain jeudi, 19 décembre, M. de la Fruglaye, gendre de M. de la Ghalotais, se rend par ordre du roi au château de Vern, pour assister à la levée des scellés du cabinet de M. de la Ghalotais et de la chambre de son secrétaire. Il y trouve le notaire Richelot et l'exempt Duchesne.Les scellés brisés, quelques papiers furent saisis, portés aux Gordeliers par l'exempt et vérifiés en présence de M. de la Ghalotais; mais ayant été reconnus sans importance, ils furent remis à M. de la Fruglaye.

Le même jour, à six heures du soir, M. de Garadeuc est conduit à son hôtel avec le même appareil. Toujours en présence de M. de Flesselles et de Raudin, les scellés sont levés et les perquisitions se prolongent jusqu'à onze heures du soir. L'intendant saisit 157 pièces. M. de Garadeuc a la liberté de voir sa femme et sa famille pendant une heure environ.

Le vendredi 20 décembre, à cinq heures du matin, on le fait monter en chaise de poste et il part pour Saint -Malo, gardé par un détachement de dragons, sans avoir pu voir son père. Ainsi, arrivé après celui-ci, il fut emmené avant lui, dans le but sans doute de dérou-

Chesnais, cordelier, soupçonné d'avoir favorisé ces communicolions, reçut l'ordre de sortir de Rennes, le 21 juillet 1766, et fut exilé à risle-Jourdoin en Poitou. (Arch. min. just.)

152 LE DUC d\\iguillon et la chalotais

ter les recherches '* >I, de la Chalofai« partît en efTnt lo h^ndrintiia samedi 21 décemhr*», h €in(j; Il en r es du matin, pour Sniiil-Malo. Il était restr trois jours à Rennes.

Lo soir du même jour, M. Charette de la Gàeherie arriva du Mi>at Saint-Mi<:liel. Il fut eufermé lui aussi aux Cordeliers. Le 22 décembre était un dîmaiiclie. ]\[algré cela, M. de la Oaclu'rif^ fut conduit soQS escorte à sonliôUd, situé au bas de la place tbi Palais, et là, le notaire Bcrthelot ayant levé les scellés, Tintendant et Raudiu fouillèrent les papiers. Us ne trouvèrent rien; ils saisirent seulement un billet écrit en travers, com*i| niençant par c(\s nioîs : « Le premier président a' dit à Boishaudrv que les ordres du roi étaient retardés-... » i

AL de FlessellcB s'étant retiré, La Gacherie put s^ entretenir pendant une heure avec sa femme et sa sœur, ]\['"'' Gharette de la Colinière. Le lendemain 23 décembre, a cinq heures du matin, partait pour lo château de Saint-Malo^.

Dans la nuit aniTa Picquet de Montreuil, quî était au Mont Saint-Michel; il fut enferuu'î au:

1, Arrh. NoIm K. 712. Leltrf* clf Reiinfis» 19 dércmbre 1765, Pft'ci's Instruit, I, 17^-182, Proccs-vcrbol de levée des scellés. Jvnrnat des Evénements, p. 16-117.

2* Joitrnai tfex ÎJilnements, p. 48. — Procès instruit, I, 182 Procès-verîinl de knée di^« scellés; et p. 342.

3. Ces ûllt'es el veiiu**s él aient très pénibles pmir lesî mngis- Irats : » Je dus me piTpniM^r, tlil lu (.uVrlH^rîe, ù rhtu'reurdff mon uéjour ûu Mont Saini-Mîebel, « 1 appareil eOrayniil el humiliatit de ma Iranslnîion du Monl SninUMichel à Rennes, pour être prissent h la levt'« di*s sci;nés, ou spectarlc donrué u nui fnmî meu confrères, à mes coneitoTens, qui monl vu traverser la entoure rie sohluts In bnïonnelte ou bout du fusil, à mon seeon eiilt'v«meoi pour la eitodelk* de Suiiil-MalLf, d (Mémoire pQU Cfiarcttc tic ta Gdcherie, p. 65,)

Cordeliers, sans pouvoir communiquer avec son confrère La Gâcherie, sans se douter même peutêtre qu'il fût à côté de lui.

M. de Montreuil fut à son tour mené à son hôtel, situé près de la chapelle du Calvaire, le lundi 23 décembre, à six heures du soir, et la même opération eut lieu. Flesselles trouva parmi les papiers jetés au rebut dans une corbeille dixsept lettres qu'il s'empressa de saisir. Le lendemain 24 décembre, à cinq heures du matin, M. de Montreuil prit lui aussi la route de Saint- Malo, escorté par un détachement de dragons.

Il ne restait plus que le jeune conseiller Charette de la Colinière ; il fut amené le lundi soir de Nantes ; ainsi les arrivées et les départs avaient été minutieusement combinés pour qu'il n'y eût aucune rencontre possible. Le mardi soir à six heures, toujours la nuit, M. de Montreuil étant parti le matin à cinq heures, Charette de la Colinière fut conduit à l'hôtel de son oncle La Gâcherie, où il habitait. L'intendant, après avoir examiné les papiers, saisit une lettre de M. de Langle et le plan de la Lettre d'un Patriote. La Colinière passa une heure avec sa mère et sa tante et partit le lendemain matin.

Enfin Boudesseul, secrétaire de M. de la Chalotais, subit le même sort et alla rejoindre les cinq magistrats enfermés au château de Saint- Malo. Nous saurons bientôt le résultat de ces minutieuses perquisitions.

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