‹ Le pouvoir absolu et l'esprit provincial (volume 3)Chapitre 92 sur 187 · II W · texte numérisé non relu

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intérêt, L*accusatioa y est, on peut le dire, pulvérisée ; le procureur général n'a pas de peine à montrer combitm elle est k la fois ridicule et odieuse, insoutenable et barbare. Car il ne faut pas s'y méprendre, il s'agissait de faits pouvant entraîner la peine capitale; jamais inculpation plus grave ne fut basée sur des indices plus puérils ou plus invraisemblables.

Il y a deux corps de délit, écrit La Chalotais Tun est basé sur un fait matériellement faux, Tautre sur un faux littéral, sur deux lettres fa briquées.

Le premier est Tentrevue du Boschet : Kerguézec et La Chalotais s'y seraient rencontrés chez la marquise de la Roche, y auraient complotai ensemble le plan de conduite de Topposition au^^f Etats, Falliance du Parlement avec la noblesse^^ et combiné les moyens de correspondance entre Nantes et Rennes.

C^était là le principal chef d'accusation* Or, cette entrevue n'a jamais eu lieu. Rien n'était plus facile à éclaircir et à prouver* Il n'y avait qu'à appeler M, de Kerguézec, M*"* de la Roch^J et tous ceux qui se trouvaient au château. C'é^H tait indispensable, c'était le premier élément du procès, la première condition pour la manifestation de la vérité, le premier devoir d'un juge , honnête. ^H

Non seulement on n'appelle pas ces témoin^^ autorisés, mais on les éloigne par lettre de cachet, on les retient aux deux extrémités la France et Ton s'en rapporte aux commérage mensongers d'une femme de chambre !

Et pourquoi ne le fait-on pas? La Chalotais

dit sans ambages : Parce qu'on ne veut pas découvrir la vérité, parce qu'on a besoin de cette entrevue pour bâtir sur elle tout un échafaudage de délits, parce qu'on sait que le fait est faux, mais qu'il est utile à l'accusation. Gomment qualifier une telle mauvaise foi? Comment ose-t-oa établir une procédure criminelle, qui peut conduire les accusés à la mort, sur un fait matériellement faux et dont la fausseté apparaît au premier abord * ?

Je me découvre de partout, dit encore le procureur général; je ne fuis pas le combat, ni la bataille, je ne me cache point derrière les buissons, mais je veux voir mon délateur. Je veux voir un nom au bas d'une accusation.

Et il arrive au second chef de délit : les billets anonymes.

« Je conviens qu'il est assez humiliant d'être accusé d'avoir écrit des billets aussi bêtes, aussi grossiers, aussi insolents, mais il me semble que c'était une raison pour ne m'en pas soupçonner. Il faut qu'on me suppose avoir été en démence, car il n'y a qu'un fou qui puisse écrire des choses pareilles; il faudrait, de plus, que je fusse un sot de vouloir garder l'anonyme et d'envoyer des billets écrits de ma main à M. de Saint-Florentin, qui a peut-être cinq cents lettres de moi dans ses bureaux.

« Mais il faudrait au moins me les représenter, ces fameux billets. 11 n'y a sortes de subtilités que l'on n'ait employées pour me prouver que je

1. Second Mémoire, p. 57 à 66 ; — Sixième Développement, p. 96, 105, 108.

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savais ce que je ne savais pas. Le rapport des experts choisis pnr racciisation est iiao pièce extra- juditû aire qui ne peut légalement m'élM^ opposée. Quand on informe, on doit informer ^H charge et à décharge. La première règle est a^^ rei»résenter à Taceusé les pièecs essentiel lei Mais les gens qui ont imaginé le premier fs faux sont l)iea capables d'avoir fabriqué dé! billets faux. Enfin, ce qui lève toute difficulté j'ai déclaré vingt fois inscrire en faux ces bille j'ai offert ma tète et j*ai signée »

« L'on mVïppose ensuite des lettres intimes écrites à mon fils. Les lettres d*un père à son fils, faites pour rester secrètes, pour être brûlées ou ensevelies dans la poussière d'un cabinet, ne peuvent jamais former un corps de délit. En quoi les lois ou Tordre public sont-ils violés par ces écrits? Pour constituer Tinjure, il faut l'intention d'injurier et il faut la publicité. Or ces deux conditions n'existent pas. Il s'agit d'une querelle particulière avec M. d'Aiguillon dont j'avais le droit <le parler à mon fds'-'. »

LaChalotais repousse avec hauteur le reprocW de vexations : « Qu'on pi'odTiise contre moi, depuis trente-cinq ans d'administration publique, contre mon fds depuis dix ans de magistrature, un seul fait/jer inimicltlam^ per avarittam, per sardes^ et j(ï passe condamnation^. » ^H

Et quelle procédure suit-on ? « Nous ne s^^ vons entre les mains de qui nous sommes. Est-ce la justice civile ou la juridiction militaire, la jus-

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