‹ Le pouvoir absolu et l'esprit provincial (volume 3)Chapitre 99 sur 187 · Procès insiiuit, ÏI, 18G · texte numérisé non relu

Procès insiiuit, ÏI, 18G

2. Procès iftsiruà, 11, 211-215; IIÏ. 9t ; I, 115, 300. ;î. Procès iasiruii, M. 2Î5 â'iO; IH, 78-9LVoir pluahaut p. 8i-87* 4- Caradeue fut inlerrog-é ïe"* 28^ 30 f*t 31 jnnvîer, H c'est le

G février que Le Noir pnrlii paur la première fi*i^ à La Cliiiloluî^ àt^s fumeux biJIeN.

Malgré ces manœuvres, il ne put rien obtenir.

Caradeuc déclare qu'il a entendu parler pour la première fois des billets anonymes au château du Taureau. Le lendemain, Le Noir lui demande brusquement :

D. — Avez -vous entendu dire à votre père qu'il soupçonnât quelqu'un d'être Fauteur de ces lettres injurieuses ?

R. — Mon père ne m'en a jamais parlé et n'y a jamais fait aucune allusion ; j'en ignore moimême le contenu.

D. — Connaissez-vous Bouquerel ? Venait-il à l'hôtel de Caradeuc ?

R. — Non.

Alors, brutalement :

D. — Avez-vous ouï dire que M. de la Chalotais, votre père, avait écrit des billets anonymes à M. de Saint-Florentin?

R. — Jamais je n'ai ouï dire qu'on soupçonnât mon père de ce fait, je réponds de lui comme de moi-même ; quand j'ai eu la liberté de le voir au château du Taureau, jamais il ne m'a dit le plus petit mot des billets anonymes, jamais il ne m'en a écrit un mot dans les notes qu'il a pu me faire passer, et où il m'a parlé des autres chefs d'accusation.

Le Noir lui montre deux lettres de son père, qu'il reconnaît, et insiste :

D. — Mais enfin, votre père ne vous a-t-il pas avoué qu'il était l'auteur des billets anonymes ? N'avez-vous pas eu lieu de l'en soupçonner et de penser qu'il s'était porté à cet excès par fureur contre M. de Saint- Florentin?

Caradeuc, habituellement timide et déîé\:^wV^ ^^

258 LE ÙVC d'jUGUILLON et la CHALOTAIS

révolte à cette question et réplique avec une hau->^ teur froissée de celte insistance blessante :

R. — Le fait est absolument faux; je peux ré-, pondre de mon père comme de moi-même, il est] indigne de le soupçonner de pareilles atrocités;;] bien loin que mou père rnait avoué les avoLrl écrits, il ne m'en a jamais dit le moindre mot, C€ qui m'a fait penser qu'il ignorait même qu'il existât des billets anonymes; je Fai toujours entendu d'ailleurs s'exprimer avec beaucoup de décence sur le compte de ^l, de Saint-Florentin ',

Ces déclarations étaient formelles et visiblement sincères. Du reste, dans une note écrite que Caradeuc remit à Le Noir au début de son interrogatoire, il disait notamment : « Je suis fort étonné de me voir travesti en criminel d'Etat, je n'ai jamais été occupé qu'à remplir les devoirs de ma charge. J'ai taché et je tâcherai toujours i de suivre l'exemple d'un père que la tendresso^f respectueuse, la voix publique, celle de tous les^^ ordres de cette province et, j*ose le dire, de toute la France, m'ont proposé pour le modèle du magistrat... N'ayant jamais reçu de lui que des leçons et des exemples d'honneur, de probité, de vertu, d'amour pour le roi, le bien public et les lois, je serais bien fâché de dégénérer ^... » ^

Une perquisition minutieuse fut faite dans lal^| chambre des prisonniers le 31 janvier. Quand le^^ major Bocquillon entra chez Caradeuc, celui-ci jeta quelques papiers au feu et en passa d'autre: à son domestique. Mais on fouilla ce dernier et Ton

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