‹ Le pouvoir absolu et l'esprit provincialChapitre 100 sur 178 · Murion, ibid., p · texte numérisé non relu

Murion, ibid., p

276 LE Dire d'aiguillon et la chalotais

qiipr. Les Bi'ptons s'en prenaient au personnage qu'ils avaient sous les yeux, qui leur transmettait des onlrt'S qu'ils estliiuiient abusifs et îllégauxj C'était assez naturel. Ils ne pouvaient pas cepeii-' tiant s'attaquer direetemeii! au rui ni aux ministres, il'autan' moins qu'on leur refusait la plu-l part du temps la faculté de recourir ù eux, S'ill est vrai que le due d'Aiguillon a tente d'adoucir ou de retarder ces exigences et ces ordres, dont il sentait luî*meme Tiiuquité, il nfi faudrait jiaa aller jusqu'à faire de lui une sorte de victime du dévouement ministériel; il a consenti â les exè-i cuter, à les imposer par les voies de rigueur, sfl responsabilité n'en est que j>his grande, et c'est avec justice que les li retons ne lui pardonnèrent jamais ce premier attentat contre leurs libertés.

Faut-il voir lu^e contradiction dans les témoignages de déférence et de courtoisie qu'on k accordait? Nidlernent. Ce sont de ces mai*ques dû politesse ofTieielle que Fou se prodigue entre ad-J versai res poli tic jues.

Les plus farouches opposants ne se faisaient^ aucun scrupul<3 de dîner chez le duc d'Aiguillon. C'était Fusage, c'était, à leur avis, presque un droit. « Le temps de la tenue des Etats de Bretagne était un temps fie galas et de bals : on uuuigeait chez M, le comunuidaiiti on mangeait chez M. le président de la noblesse, on numgeait chez M. le [irésident du cb^rgé, on mangeait chez AL le trésorier des Etals, lui mangeait chez. M. l'intendant de la province, on mangeait ehei M, le président du Parlement; on Tuangeait partout : et Fou buvait! A de Inngues tabb^s de tlh fectoire se voyaient assis des Du Guesclin labou^

DÉMÊLÉS ENTRE LA CHALOTAIS ET d'aIGUILLON 277

reurs, des Duguay-Trouin matelots, portant au côté leur épée de fer à vieille garde ou leur petit sabre d'abordage*. »

En somme, à quoi le duc eût-il employé, si ce n'est à ces réceptions, les 80,000 livres que le roi lui donna pour ces Etats, en plus des 60,000 livres accordées ordinairement^? Aussi avait-il mauvaise grâce à tirer de ce fait une conclusion politique. « Ces inconséquences sont incroyables pour ceux qui ne connaissent pas le caractère et les préjugés de cette assemblée et prouvent que Ton ne peut ni ne doit compter sur ses résolutions 3. »

Faut-il attacher plus d'importance à quelques lignes banales insérées par les Etats dans une de leurs protestations contre l'ordre du 12 octobre, « que MM. les commissaires du roi n'ont fait paraître qu'avec peine et à regret? » On a voulu y voir une sorte d'amende honorable^; ce serait tout au plus un certificat de bonne conduite; mais c'était simplement un artifice d'argumentation 5.

1. Chateaubriand, Mémoires d' Outre-tombe, édit. Biré, t. I, p. 244.

2. Arch. Nat., H. 350. D'Aiguillon au contrôleur général, 11 août 1762.

3. Arch. Nat., H. 351. D'Aiguillon à Bertin, 29 septembre 1762.

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