M. Marit»n^ La Bretagne et le duc d'Aiguitttm. p
3. L un dilTt'rail d'aillours csseiiliellemoiil dt» Faulre; Torclw tl<? 1752 no s'nppliquait pas iiux impositlions cl levées de dciiii^rs; il réservait expressément le cas ou le ronsenlcincnt des Iroii* ordres était néressaire. (Réponse des Etat* de Uretagne an Me moire du duc d'AtguiUvtu p- 2H, 2il, et Arrêt du Purtement du l'i août 17>0j p» t6, 20, où l'on mel les dt^ux lexles en regnrd.)
DÉMÊLÉS ENTRE LA CHALOTAIS ET d'aIGUILLON 275
cet anéantissement de la plus indispensable de ses libertés; on criera à Toppression, à la tyrannie; on prétendra être sous le joug, du moment où le clergé et le tiers cesseront d'être sous celui de la noblesse ^.. »
Ces pauvres Bretons n'ont pas de chance ! Quand la noblesse défend les droits de la province, on Taccuse de défendre ses propres privilèges, ce qui est historiquement et légalement inexact, car les privilèges de la province étaient une chose et les privilèges de la noblesse en étaient une autre. Et quand celle-ci lutte pour maintenir une règle qui est justement la garantie du tiers et du clergé, on lui reproche de vouloir les mettre sous le joug, leur imposer « ses prétentions despotiques. »
Autant dire que tout ce que fait le duc d'Aiguillon pour tirer le plus d'argent possible de ces malheureux Bretons est bien et digne d'éloge, et tout ce que font ceux-ci pour se défendre est mal et digne de blâme. C'était déjà ce que pensaient au XVIII® siècle les avocats de d'Aiguillon, les courtisans et les ministres; c'est ce que répètent aujourd'hui ses panégyristes modernes. Mais ce n'était pas alors l'avis de l'opinion publique, ce ne sera pas celui de la postérité ni celui de l'histoire.
On s'explique plus mal encore, ajoute-t-on, que la fureur des opposants se soit tournée à ce propos contre le duc d'Aiguillon-. — Il semble que le contraire serait encore bien plus difficile à expli-