‹ Le pouvoir absolu et l'esprit provincialChapitre 106 sur 178 · Mémoires manuscrits de M. de la Fruglaye · texte numérisé non relu

Mémoires manuscrits de M. de la Fruglaye

« A la cour même ils conservaient beaucou de partisans, mais leurs antagonistes y étaien les plus nomhnuix. A leur teto se trouvait lo du de Clioisi'ul, ministre en crédit auprès du maîtr et do la maîtresse, homme d'esprit et cntrepre nant. 11 t^'était pronoiici* ouvertement dans cette •i^rande alTaire et avait témoigné à M, de la Clia lotais toute satisfaction, consi(l<M^ation et bien^| ve illance par rapport à ses Comptes rendus Mon beau-père, déterminé par ees ciroonstancesj se résolut iTen [ïrofiter.

u M. de la Chalotais fut accueilli à Paris et Versailles de la manière la plus flatteuse. Le Comptes reinlas Vy avaient fait connaître comm un magistrat distingué par les connaissances, le jugement et le talent d'écrire. Ce fut avec une sorte dYuigouemcnt qu'il fut recherché à Paris des magistrats, des savants et des gens de lettres, A Versailles même, les ministres et les courtisans le comldêrent de prévenances ^

« Mais quand le procureui' général demanda la— concurrence et survivance, il rencontra une vivcH opposition, le parti des Jésuites « cahala » contre lui, on voulait ramener, par la crainte de ne rieu obtenir, a se démettre eu faveur de son 111s, mais lui tenait à conserver sa charge» M. d Saint- Florentin, qui T avait d'abord accueilli fiivO' rabloment, changea d'avis et lui lit une vivi opposition. Enfin il ne Temporta que par le crédit du duc de Choisenl aidé de celui de la mm

L Stémoires maou^eriU cl() M. àa 1» Ftuiglaye. Ccaï pendant ce séjour qu'eut lieu le dîner cbcz le cardiriul de Hoban, rucorité par Georjfel. Voir p. 186*

quise de Pompadour qui, réunis, étaient prépondérants. »

M. de Caradeuc fut nommé le 18 décembre 1763, avec concurrence et survivance au profit de son père.

« Ce succès fut un petit triomphe pour M. de la Ghalotais, dit son gendre, mçiis il lui fit très évidemment connaître qu'en acquérant de la célébrité par Taffaire des Jésuites, il s'était attiré de grands et puissants ennemis. Son caractère de loyauté et de franchise ne lui permit pas assez de défiance et de circonspection et par la suite il éprouva de grand revers ' . »

« Le jour que j'obtins l'exercice et la survivance, dit-il lui-même, on sut à Paris, à trois heures, à l'archevêché, que le roi m'avait accordé cette grâce à midi, à Versailles. Tout fut alors déchaîné contre moi... Dès ce temps ma perte fut résolue et les cabales se réunirent; mais il fallait différer-. »

Le duc d'Aiguillon, qui était alors en Bretagne, mit tout en œuvre pour empêcher la nomination de M. de Caradeuc 11 suscita et soutint la candidature de M. Le Prestre de Châteaugiron, second avocat général, qui ambitionnait depuis longtemps la place de procureur général, mais n'y avait pas en somme plus de titres ni de droits que M. de Caradeuc.

Le commandant sentait que cette marque insigne de la bienveillance royale accordée à son ennemi allait créer à celui-ci une situation pré-

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