Premier Mémoire de La Ghalotais, p
300 LE DUC d'aiguillon et l\ chalotais
pondérante, conBoHdnr son înfluoncn et par suite le rendre plus fort et plus redoutable. Le duc, au contraire, se trouvait dans une posture siu-™ guliL'remeiit gênée, et le jour où il aurait a lutte^ contre le Parlement et les Etats, celui qu'il regardait comme le véritable inspirateur de Topposition ne tenterait-il pas de se prévaloir de cette faveur? CVîtait pour d'Aiguillon un écb<^ personnel ^, aussi fit-il agir à Versailles tous seï prolecteurs, tous ses amis, pour entraver h projets de M. de la Chidotais; c'est évidem-l ment à ses instances qu'est du le reviremeal subit de M. do Saint-Florentin. Il faisait valoif avec une babileté perfide Finsuffisance du jeuiifi magistrat.
Malgré tout, ISL de Caradeuc ayant été nommé, le duc en conçut un violent dépit. Il n^adniettait pas que personne reçût des grâces dans la province « par un autre canal que par le sien. » Il B*était vanté publiquement à Nantes, à Redon, à Vannes, que M. de la Cludotais n'obtiendrait rien de ce qu'il demandait pour son fils ou pour lui, qu'il était bien aise cpi'on sut que c'était lui qui Pavait dit'.
1. M. Mwritïn, qui quaUfic «ver une dureté exc*?ssîve n VavU inique de nêpolîsnie que M. de lo, Cbiilotiiis «eluit jur«> d'obteuir, i exalte ftu eoulroire le» eenlituents du due d'Ai^^-'uillofi, qui ne Culj conduit — comme toujours — dans t:ette îuUe personu^^lle que pRr Itfs motif:» lea plus L^evés et les plu§ désluti^ressés. (MarioQ La BrHagur, p. 212.)
2* Premier Mrmtnrr de L« Chnlotina^ p. 22, et Mémoires tiiniiil4 »orits de M, de lu Krog:hi)e,
Son aversion trouva bientôt une occasion de se manifester.
Le comte de la Fruglaye, gendre de la Ghalotais, avait suivi avec assiduité les séances des Etats; intelligent et laborieux, formé à Técole de son beau-père, il désirait, dit-il, s'instruire de la marche des affaires de la province, afin de se rendre capable de lui être utile par la suite.
L'un des procureurs généraux syndics des Etats, M. de Quélen, étant venu à mourir, M. de la Chalotais engagea son gendre à solliciter cette place « agréable et avantageuse, car elle mettait fort en relief et procurait 12,000 livres de traitement par an. »
M. de la Fruglaye s'en défendit, il argua de son inexpérience et de sa jeunesse, puis il ajoutait :
« — M. le duc d'Aiguillon est votre ennemi, il deviendra conséqucmment le mien; il est méchant, vindicatif et astucieux. Il me tendra des pièges. J'en éviterai peut-être quelques-uns par vos conseils, mais mon inexpérience m'y fera prendre tôt ou tard, il parviendra à me perdre soit à la cour, soit aux Etats * . »
Cependant il voulut en avoir le cœur net. Il alla délibérément trouver le duc lui-môme.
« Je me bornai, dit-il, à lui faire part de ma prétention, le priant seulement de n'y être pas contraire.