‹ Le pouvoir absolu et l'esprit provincialChapitre 108 sur 178 · Mémoires manuscrits de M. de la Fruglaye · texte numérisé non relu

Mémoires manuscrits de M. de la Fruglaye

308 LE DUC D AlGUILLO?î ET LA CHALOTAIS H

« Il me repondit avec une obligeance extrême l|

« — Je connais votre projet et Fap prouve fort, monsieur* Mats je sais que vous vous êtes méfié de moi, parce que sans doute vous savez que je u'aime pas monsieur votre beau-père. Je vouai prie du croire que cela n'a rien de commun ave<^ vous» Je vous rends toute justice, vous crois très propre à la place que vous désirez et vous prie d^Mre sûr que je serais très aise de saisir cette occasion de vous servir auprès des mi nistres dont l'agrrment vous est nécessaire.

tt Je le remerciai comme si j'avais cru a s réponse. Je voulus de jilus loi parler de ses préventions contre mon beau-père, mais il me dit que ce n'était pas vis-à-vis de moi qu'il pouvai discuter les motifs de ses sentiments pour lui

« Je me persuadais jusqu'il un certain poini que JL d'Aiguillon, qui m'avait persounellemen bien traite dans les légers rapports que j'avais eus avec lui, pourrait se montrer assez généreux pour ni'obliger, quoiqu'il fut mal avec >L de la^ Chalotais, mais il me prouva h'nm le contraire^

« Peu de mois après, ayant jiris les instrue-" tiens des Tuinistres pour tenir devaient s\'issembler a Nantes 1764, il dit au coutnMeur général de Lavi*rdy qu'il n'y viendrait pas si Ton nf accordait Tagrément de concourir pour la place de procureufl général syndic, que je l'obtiendrais sans doute si je concourais et qu'il r«"giirilait et un aie dangoJ reuse pour son autorité en Drc^tagne rinflneuca du crédit de AL de la Cbalotais au Parlement J riMini à celui que son gendre ne nuiinpierait pad d'acquérir dans rassemblée des Etats. |

les Etats cpji l(^ 1"'' octobre

« Nous ne tardâmes pas à être positivement instruits de ees détails par les bureaux des ministres. M. de la Chalotais, me désirant vivement cette place, fut extrêmement sensible à cette fausseté de M. d'Aiguillon ; quant à moi, qui en redoutais les inconvénients, j'étais ravi de la manquer * . . . »

Mais le commandant ne s'en tint pas là, il essaya de jouer son adversaire et fît preuve d'une véritable duplicité :

« A peine arrivé à Nantes pour les Etats, dit M. de la Fruglaye, je reçus la visite d'un M. de Fontette (qu'il avait connu autrefois), homme d'esprit militaire et distingué, mais intrigant et ambitieux, que M. d'Aiguillon s'était attaché.

« Après m'avoir exprimé ses regrets person^ nels que j'eusse manqué cette place par défaut d'agrément de la cour, il ajouta et m'assura de la manière la plus positive qu'il était certain que M. d'Aiguillon en était très touché tant par l'estime particulière qu'il avait pour moi que parce qu'il me croyait celui des concurrents le plus propre à remplir cette place.

« Je ne vis alors dans M. de Fontette qu'un envoyé de M. d'Aiguillon chargé de me tromper et lui dis :

« — Votre empressement à me venir voir m'a beaucoup flatté; mais dès que vous me parlez des opinions de M. d'Aiguillon sur mon compte, je dois vous dire qu'il vous trompe et qu'il m'a trompé avec la plus insigne noirceur et mauvaise foi. Après m'avoir promis ses bons offices auprès

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