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justice. Il interpolai
par ces niots : Répondez donc! Répondez donc!... Sa tète répondra de sa coadiiite, mais s'il est innocent, il sera vengé. Cette scène scandaleuse et publique ne se termine que par la retraite des magistrats, qui gardèrent le plus profond silence *, »
Les conseillers, fort offusqués de cette sortie, qui n'était pas, il faut le dire, dans les alliUTS liabituelles du eominandant, s'assemldrnt durgence le lendemain 8 février; ils tiennent doux séances dans la journée; leur émotion est grande, ils accusent Iv duc « d'avoir maltraité publiqw nient les magistrats députés, ainsi que leur coni' pagnie; » on parle de « faire scission; o enfin u avis plus sage prévaut : le premier pr(\sidt'nt csl chargé d'aller exprimer au duc la sensibilité di la Cour.
Cekii-ci sentit qu'il était allé trop Inin, il remil à M, d'Amilly uiu* note écrite (|ui jïouvait être considérée comme une lettre d'excuses : *» M. 1** t^ premier présidt^it aura la boulé^ de dire au Par- « lement de ma part que ma sensibilité était trop «c grande pour pouvoir la cacher plus longtemps (f et que j'ai eru ne pouvoir mieux lui marquer le « cas que je fais de son estime qu'eu lui témoi'^ « gnant dès la première entrevue- combien j'étais™ (t airecté et touché qu'il me snpp(îsàt dt'S senti- (( inents et une conduite qui m'en rendraient « indigne. L'impatience que j^avais d'être rassuré
l, AiT»H du Parlement de Bretagne du 14 tunii 1770, p. '43 Vuir aussi : Memutrt pour M. te duc tf'Aiguitton, p. lOO-lOl, Ri'jtoHst au grand Mémvit'c de M, h duc d'Aiguitton, p. 'lO.
(( par lui-même à ce sujet ne m'a pas permis <( d'attendre une autre circonstance ^ »
Pour bien marquer la signification de cette note, le Parlement en ordonna la transcription sur ses registres-. En somme, les griefs du Parlement étaient fondés et ses imputations justifiées. Qu'il voulût par ailleurs appuyer les autres Cours, Linguet lui-même reconnaît que rien n'était si naturel et si légitime ^,
L'abus des corvées et des expropriations, l'atteinte portée aux règles constitutionnelles de la province par l'ordre « des deux contre un, » l'obligation de soumettre les maires des villes et les députés du tiers à l'agrément du pouvoir étaient certes de graves et justes sujets de mécontentement.
Le duc d'Aiguillon voulut voir dans ces incidents la main de La Chalotais et celle plus puissante de son rival le duc de Ghoiseul. Il écrivait le 18 février cette note confidentielle et significative : a Le Parlement, malgré ses impertinentes remontrances, témoigne beaucoup d'é-
1. Registres secrets du Parlement. Audiences des 8 et 9 février
2. Le duc d'Aiguillon écrivit à Paris qu'il n'avait pas dit un mot qui pût ofiFcnser le Parlement. D'Amilly le déclare aussi. Son avocat Linguet répète que ses expressions n'avaient rien d'injurieux pour les magistrats (Mémoire, p. 101). Son apologiste s'en rapporte naturellement à ces affirmations et il ajoute ironiquement : C'est ce que la Réponse des Etats au Mémoire de Linguet appelle « avoir maltraité la compagnie publiquement avec beaucoup de vivacité. » (Marion, p. 217, note 2.) Ce mot, qui d'ailleurs n'est pas dans la Réponse des Etats, mais dans l'arrêt du Parlement, est-il si exagéré après le récit que nous avons rapporté ? Et d'Aiguillon, s'il n'avait pas reconnu ses torts, aurait-il écrit sa lettre d'excuses, — dont M. Marion ne parle pas, du reste.