‹ Le pouvoir absolu et l'esprit provincialChapitre 112 sur 178 · Mémoire pour M. le duc d'Aiguillon, p · texte numérisé non relu

Mémoire pour M. le duc d'Aiguillon, p

gar(k. II en est venu trente-deux de cette compagnie ce matin à F audience du commandant qui n'ont cessé de le cajoler et de vanter son ztde pour la province. Sur c[noi le malin premier président lui a dit à roreille ; Voilà nos gens ; ceux qui vous louent si fort sont ceux qui ont le plus clabaudé |>our faire adopter les reuiontranccs contre vous. — Il est prouvé que La Chalotais a excité de Paris cette tracasserie pour plaire à M. dtî ChoiseuP, »

Mais le duc ne donne aucune preuve et La Cha lotais, qui séjourna à Paris de novembre 1753 à mai 1704, ne peut avoir provoqué les remontrances du 1*'^ février. Il n'eu fut pas fâché, ei^la est certain*; conimeut en eùt-il été autrement, étant donnés les sentiments qu*il devait éprouver^ pour le duc après la campagne de celui-ci contre M. de Caradeue.

Les défenseurs de d'Aiguillon vont encore pins loin que lui. Ils imaginent un véritalde complut, u La victoire de M* de la Chalotais n'était pas

1. Arch. Nnt., H. G30. Note du 18 février 176/i, de la mniii du diic d'Aiguinon.

n aurnit vnulu qii'tm Bevît rentre lo Parleiment ; son onclfl Siiitil-Florcntîn lui écrivait : « Je plains votre Bituivlîon et dounirnb lout au maudti pour vous vair dcburs de toutes ces vilaines iiiITaireH et luauviiises Iracasseriea, Vous voudriez ftvec rulson qu'on pût sévir contre le Parlement, auteur de tout re qui nr-" rive, mais relo est difficile dans le (emp» présent; mnadei-oioî doue ce que voui* iiung-inez qu'on aurait pu faire. >» [Art'h» Nat,, Hj 031. Saiot-Florenlin h d'Aig-uillou, 17 février 176'i.)

2. Lctlre du 11 février 17(i4 a sou fils : « Votre petit despote est dune tjien fdchè des retuontrunees de votre PurJenienl? Tant mieux, lout Je monde i-n cbI bien aise ici... w {Pnn?.t insfrnii, l,, p. 2*2^*.] Lm Clialotats a affirmé dans son interro(rriioit'e avoir et îihsolumeiUétrunger ù ces remontrances, mai» M. Marion dit qui (t la ehose est peu croyable. » — D'Aig^uiïlon seul est croytibk»!

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complète tant qu'il n'avait pas abattu Thomme coupable d'avoir dit tout haut, sur le compte de son fds, ce que tant de gens pensaient tout bas... Il avait trop de rancunes contre d'Aiguillon et trop de raisons de souhaiter sa disparition... Le Parlement de Rennes comptait un certain nombre de têtes ardentes... qui étaient pour les vues de La Ghalotais de précieux auxiliaires tout trouvés... Lorsque M. de la Ghalotais eut acquis la certitude de Texcessive faiblesse du gouvernement envers les Cours souveraines, lorsqu'il vit que les influences hostiles à d'Aiguillon prédominaient à Versailles, la campagne s'engagea immédiatement*. »

On ne voit pas bien La Ghalotais, qui après tout n'était qu'un procureur général de province, déjà mal noté à la cour, tramant un complot pour perdre un duc et pair, apparenté aux plus grandes maisons, jouissant de la faveur personnelle du roi, appuyé par un parti puissant. C'est une pure allégation et une allégation invraisemblable 2.

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