Arrêt du 14 août 1770, p
336 LE DUC dViguillon et la chalotais
*BOUS radministralion de M. d'Aiguillon, faire deux ompruDts succeBsifs de 150,000 livres*.
Mais ce qui indignait surtout le ministre, c'était la mise en demeure relative à Tijrdre de 1762. Elle dérangeait tous ses plans.
Certes, le roi avait rintention de le rapporter; a mais votre compagnie, répondit-il, a renversé toutes mes vues h cet égard en voulant imprimer à cet ordre et à la manière dont il a été enregistré un caractère d'injustice et de surprise à | la religion du roi ; vous avez dénaturé les circonstnnces où il s'est produit... »
Il reprochait vivement à M. d'Amilly, qui I connaissait tous ces faits, de ne les avoir pas rappelés. Eniîn le ministre accusait le Parlemeut__ de n'avoir pas rempli les engagements pris. Il nefl s'est pas renfermé dans les bornes fixées et n'a pas tenu ce qui m'avait été formellement promis. ^ L'enregistrement est loin d'être tel que je raWfl tendais et qu'il me paraissait si bien convenu '%
Evidemment, il y eut un malentendu. Comme j il arrive souvent, chacun prit trop aisément sess désirs pour des réalités. Nous avons résumé avec™ impartialité les dires contradictoires des deux partis : c'est le meilleur moyen de faire jaillir la vérité ^.
1, Arrêt da 14 ooûl 1770, p. 51,
2, Areh, Nnt., H. 630. Luverdy il d'Amillv, 12 Juin 1764. Mé moire de Ling^uet, p. 107-111,
3, A propos de cf's léiiioigTiiigca contruidicfoirps, î] est asscS curicu3L de faire le rapprochement suivool, rni sujet de h\ lettre do Laverdy citée plus hauL L'avocnt. dt* d Aîiriiilluii iîi'^iit ft affir^] iiier que h; ministre rêdig^eu lui-nu^nit; ceUe lettre; il avait licuj d être mécontent d'tJU niuaqut; de parulc dont il prévuvaJt le »uitûfl et pénétrait la cause ; U écrivit de sou propre oiouvemeni
Le duc d'Aiguillon fut outré des attaques du Parlement; il s'empressa de remettre au roi et à tous les membres du Conseil des mémoires justifiant son administration. Il songea même à donner sa démission. « Il insista pour prendre sa retraite, mais on assura qu'elle ne lui serait pas accordée, attendu le besoin essentiel et pressant de ses services dans cette province*. »
« Le contrôleur général paraissait bien décidé à le soutenir contre les injustices qu'il éprouvait et dont le ministre était pénétré et indigné-. »
Quant à La Ghalotais, son rôle pourrait sembler manquer de netteté en cette occasion. Parti de Paris, emportant les instructions du ministre, il lui écrivit de Rennes que le Parlement ne parlerait pas dans l'arrêt de l'ordre du 12 octobre; il l'assura de même à l'abbé de Ghauvelin, son ami ^.
au premier président une lettre destinée à être montrée à la compagnie. » (Mémoire de Linguet, p. 107.)
Voici, au contrcdre, ce que disent ses adversaires : « Peut-on méconnaître dans ces expressions une suggestion continuelle et une apologie mendiée? C'est le duc d'Aiguillon qui est le véritable auteur de cette lettre apologétique : il dictait, M. de Laverdy écrivait. » (Réponse au grand Mémoire de M. le duc d'Aiguillon, p. 43.)
La vérité est sans doute entre les deux : le duc ne dicta pas la lettre, mais il est permis de croire qu'il l'inspira.
1. L'intendant Le Bret l'encourageait dans cette pensée : « Je sens bien que tout ce qui s'est passé doit vous donner du dégoût pour ce pays-ci, lui écrivait-il de Rennes, mais vous y êtes trop utile et trop nécessaire pour qu'on vous laisse prendre le parti dont vous me parlez; au surplus, j'espère que de tout ce qu'on a fait, il ne restera que de la honte et du mépris pour ceux qui ont ameuté une aussi ridicule affaire, et en vérité ils le méritent bien et en sont bien dignes. (Arch. Nat, H. 623. Le Bret à d'Aiguillon, 28 août 1764.)
2. Arch. Nat., H. 4'i0 et H. 630. Notes du duc d'Aiguillon sur les affaires de Bretagne de juillet et août 1764.