Arch. du Pari., B. 73. Afifaire de 1764 (original
340 LK DUC d'aigiillo' et la ch\lotais
— fera passer au Conseil de vendredi la réponse (du roi aux députés) dont nous sommes convenus, et qu'on y conviendra que, ces messieurs étant arrivés, lui et M. le vice-chancelier les feront monter de suite au château et qu'on les expédiera de suite. Il faut laisser le temps seulement que M. de Choiseul et moi leur disions ce qu*il convient de dire, et il me semble qu'une soirée est plus que suffisante pour cet objet. L'abbé Chauvelin chapitrera d'importance M. de la Ghalotais à son passage à Paris K »
Toute la correspondance confidentielle de Saint- Florentin avec son neveu atteste qu'ils s'entendaient parfaitement sur les mesures à prendre, surtout sur les mesures do rigueur. Souvent elles étaient proposées par le neveu, soumises aa Conseil par Fonde et presque toujours adoptées-.
Citons par exemple ces deux billets intéressants au sujet de La Chalotais» qui avait voulu devancer la députation de quelques jours : « J*ai conféré, mon cher neveu, de votre lettre avec 51, de Laverdy; il est aussi scandalisé que moi de ce que Ton vous mande de la conduite du Parlement et surtout de celle de M. de la Chalotais, à qui nous demanderons pourquoi il est venu d'avance et à qui on ne parlera qu'avec la dt^putation» — Nouâ sommes aussi convenus de
1, Arch, Xat*, H* 630. Loverdjr ù d'Aî^Ulon, Complègne, ^r> juin 1764.
2. Li?8 letiros con5denUc1Ies n dressées par Saint-Florentin à son neveu sonl écrîtea de su moin et non signét^s, jsur papier in-'4*. Au coniruirc, Îps lettres «nvojwï* ptir SaioL-Florontîn fumme miniâtrc, au dur, sont eallîg-ri:iphi4k'S pnr im scribd] sur ^r^ildi papier iu-(glio et située» : Saiitt-Fiùrenlia.
la réponse du roi et j^espère que vous en serez contenta »
Et cet autre billet, du lendemain 29 juin : (( M. de la Ghalotais, mon cher neveu, ne tirera pas grand profit de son empressement, car il a été convenu qu'il trouverait une lettre de moi à son arrivée, par laquelle je lui mande que Tintention du roi est qu'il attende la députation et qu'il ne paraisse ici qu'avec elle, et on compte toujours le faire repartir le lendemain de son arrivée. Ainsi ils ne seront pas longtemps ici. Tâchez que les gens sages et de vos amis se trouvent au Parlement au retour. Adieu, mon cher neveu, je pense que vous aurez lieu d'être content -. »
Tout cela n'empêcha pas plus tard le duc d'Aiguillon, — le Parlement lui ayant attribué la réponse du roi, — d'affirmer qu'il ne fut nullement consulté, qu'il ne la connut que longtemps après et qu'il prit même la liberté de désapprouver une ou deux phrases quand on lui en 'donna counaissance 3. C'est peut-être pousser un peu loin la subtilité^.
1. Arch. Nat., H. 630. Billet autographe de Saint-Florentin à dAiguiHon, 28 juin 1764.
2. Arch. Nat., H. 630. Saint-Florentin à d'Aiguillon, 29 juin